L’enquête conduite par Towers Watson tente de répondre à cette interrogation à l’heure où l’on constate un recul du nombre d’actionnaires salariés.

Cette étude réalisée entre juin et juillet derniers auprès de responsables actionnariat salarié du SBF 120 apporte différents éclairages. Elle montre notamment que « l’actionnariat salarié pourrait connaître un nouveau souffle avec la révolution digitale qui s’annonce dans ce secteur. Aujourd’hui, les motivations des salariés à souscrire aux plans tiennent au bon mix entre la confiance qu’ils ont dans l’avenir de leur Groupe et à l’attractivité financière de l’offre qui leur est faite. » En fait, selon cette enquête, la communication apparaît comme le facteur clé de réussite des plans d’actionnariat salarié. De ce point de vue, « les responsables de l’actionnariat salarié misent sur le digital pour se rapprocher des salariés actionnaires et faire baisser les coûts. D’ici 2 ans, le digital aura quasiment remplacé le papier », selon Towers Watson.  Pour cette enquête, la part moyenne du capital détenu par les salariés est de 3,5 % et la moyenne du taux de souscription sur les dernières opérations est de 31 %.

Autre enseignement, 60 % des groupes possèdent une équipe dédiée à l’actionnariat salarié. 81 % pensent que les offres à levier sont toujours trop complexes et difficiles à expliquer aux salariés avec les outils de communication existants. Enfin, seuls 40 % sont certains de poursuivre une politique d’actionnariat salarié, ce qui offre moins de visibilité que par le passé.

Pourquoi souscrire ? Par ailleurs, cette enquête montre que « des raisons financières et émotionnelles décident les salariés à souscrire aux plans d’actionnariat salarié. Les facteurs financiers prioritaires dans le choix des salariés sont l’abondement suivi de la décote et de la garantie de récupérer son apport personnel tandis que les facteurs d’engagement prioritaires sont la confiance dans l’avenir du groupe puis le soutien des managers locaux et la fierté d’appartenance. » En revanche, les principaux freins à la souscription sont le manque d’argent puis le risque associé aux actions suivi du blocage de 5 ans et de la fiscalité locale. »

Selon Towers Watson, « ces différents éléments rendent nécessaires une communication plus ciblée et sur mesure en fonction des pays et des réglementations locales. »

Par ailleurs, si les 3/4 du groupe considèrent que l’actionnariat n’a pas d’influence directe sur l’engagement des salariés, ils pensent qu’il renforce la fierté d’appartenance.

En outre,  pour 88 % des entreprises interrogées, la charge de travail générée par un plan d’actionnariat salarié est en ligne avec les bénéfices attendus. Le retour sur investissement (ROI) est très variable selon les plans avec une forte amplitude du budget communication par salarié. Cette variation peut aller de 1 à 48 selon les émetteurs. A l’arrivée, le budget global consacré aux plans varie lui aussi d’un groupe à l’autre (de 9€ à 2150 €) pour un coût médian par salarié et par plan de 93€.

Enfin, 2 groupes sur 3 sont passés au digital et donnent la possibilité de s’informer et de souscrire en ligne. Selon les responsables de l’actionnariat salarié, d’ici  à  deux ans, le digital aura remplacé le papier. La mise en place d’un site permanent dédié à ces plans fait lentement son chemin. Il existe déjà pour 25 % des groupes. Et la mesure des connexions des salariés s’inscrit progressivement dans les usages : près de 2 groupes sur 3 suivent les connections des salariés. La dématérialisation complète de la communication est ainsi en marche permettant une communication personnalisée et une réduction des coûts. Ce qui fait dire à Rodolphe Delacroix, directeur de l’activité Actionnariat salarié de Towers Watson que  « l’actionnariat salarié n’échappera pas à la révolution numérique en cours. Le triptyque unité de temps, de lieu et d’action qui caractérisait la communication des plans a vécu. Nous entrons dans l’ère de la communication mobile, personnalisée et interactive pour tous, cols bleus ou cols blancs. »

Enquête conduite du 29 juin au 17 juillet 2015 auprès de 31 entreprises du SBF 120

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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