Où en est la délégation d’assurance emprunteur après l’entrée en vigueur de la loi Hamon ? L’assureur, qui intervient dans le domaine individuel de ce segment, publie les résultats d’une étude conduite en la matière.

D’entrée de jeu, l’enquête réalisée souligne le fort potentiel de cette branche d’activité, terrain sur lequel Metlife revendique une croissance de ses affaires nouvelles de près de 50 % entre juin 2014 et juin 2015. Pour autant, elle montre que « dans plus de deux cas sur trois, les consommateurs français reconnaissent ne jamais avoir entendu parler de la loi Lagarde et de la loi Hamon. » Ce qui  plaide pour un renforcement de la notoriété des mesures encadrées par la loi Hamon. Dans cette perspective, « les assureurs et les courtiers ont un rôle décisif à jouer pour communiquer auprès des consommateurs au sujet des nouvelles opportunités offertes en matière d’assurance de prêt », selon Metlife.

Par ailleurs, cette enquête affirme que 53 % des personnes interrogées n’ont pas encore conscience qu’elles peuvent changer d’assurance emprunteur après avoir souscrit un contrat d’assurance de prêt auprès de leur établissement bancaire. D’autre part, près de 75 % des répondants avouent ne jamais avoir pensé changer d’assurance emprunteur ou ne pas savoir pourquoi ne pas en avoir changé. Dans 54 % des cas les consommateurs estiment que le coût de l’assurance est l’argument décisif pour envisager une résiliation de contrat d’assurance tandis que 38 % estiment que de meilleures garanties justifieraient ce choix.

Selon Joël Farré, directeur général de MetLife France, « malgré l’augmentation forte de notre activité depuis plusieurs mois, nous constatons que les dispositions Hamon semblent davantage avoir mobilisé les professionnels du secteur banque et assurance que les consommateurs eux-mêmes. A cet égard, saluons l’effort de transparence du marché pour une meilleure lisibilité des niveaux de garanties proposés qui bénéficie  pleinement à notre activité, en particulier dans un contexte favorable de faibles taux ».

A l’instar des autres enquêtes conduites sur ce sujet, celle de Metlife vient (re)mettre en lumière l’un des points noirs de la délégation d’assurance emprunteur, à savoir le manque de concurrence entre les offres des acteurs bancaires et celles des sociétés d’assurance. Et pour cause, les consommateurs sont très peu sensibilisés sur leurs droits à mettre en compétition ces deux familles d’offres. Si la loi Hamon constitue un espoir pour un rééquilibrage des forces en présence, pour l’heure, il n’en est rien, les clients méconnaissant souvent son existence. Aux pouvoirs publics et aux porteurs de risques de communiquer davantage, en  vue de lutter encore mieux contre le monopole bancaire de fait sur ce marché.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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