L’Arrivée de « Ma French bank » sur un terrain des banques 100 % digitales ou néobanque nous interpelle et suscite en nous une interrogation : y’a-t-il encore une place sur le marché de ces néobanques qui se sont multipliées ces dernières années. Derrière ce questionnement, se confine celui de la rentabilité de ce modèle.

Pour comprendre, nous avons passé au crible les acteurs existants, leur performance en termes de rentabilité et de Produit Net Bancaire (PNB) qui peut être défini comme la différence entre les produits et les charges d’exploitation bancaires nés de toutes leurs activités de financement de l’économie.

D’entrée de jeu, l’on ne peut que constater, par la force de l’arithmétique, le presque trop plein d’acteurs sur ce créneau : comme le rappelle Maxime Chipoy de Meilleurebanque.com, « l’on dénombre au bas mot une vingtaine d’offres sur le terrain, hormis les solutions digitales portées par les grands acteurs bancaires ; ce qui est énorme pour un marché naissant qui accueille de nouveaux entrants telle la filiale 100 % digitale de La Poste ».

L’avènement de cet acteur est-il opportun ? Quel impact sur le marché ? Face aux coups de boutoir répétés de la concurrence, « La Banque Postale assistait impuissante à la montée du taux d’attrition chez ses clients les plus riches qui allaient vers les banques les mieux installées. Maîtriser la rétention des CSP+ était devenu stratégique. Il fallait réagir ; et le lancement
de la banque 100 % digitale apparaît comme l’une des réponses à cette interrogation. Elle semble pertinente pour le moment, à en juger en termes de tarifs proposées par le nouveau venu : 2 euros par mois pour gérer un compte bancaire, cela reste largement compétitif ».

Mais comme l’explique l’expert de Meilleurtaux.com, « l’enjeu est ailleurs et se positionne sur le terrain du système d’information. Pourra-t-il faire face à des requêtes potentiellement massives des clients ? l’expérience a démontré que la pratique qui consistait à s’appuyer sur le système d’information de la maison mère générait des bugs et le manque de qualité de service. Sur ce point, il semble que la banque Postale a blindé son nouvel entrant en le dotant d’une Appli dédiée. »
Cela suffit-il ? Il faudra attendre les premiers jours pour en juger. Le 22 juillet, date d’ouverture de ce modèle, il sera alors possible de
savoir l’accueil réservé à cette nouvelle banque qui semble arriver bien tard sur un marché déjà saturé. Quoi qu’il en soit, ses aller ego
ont montré la difficulté d’être rentable sur le court terme. Et aucune n’y est encore parvenu. Au vu de ces éléments, il faudra, au moins une décennie,
pour rentabiliser ce nouveau venu. Si retenir ses clients haut de gamme est gagné ou réussir les opérations internationales qui sont ses objectifs premiers, alors l’on pourra parler de mission accomplie. L’avenir nous le dira. Groupama Banque avait également tablé sur le temps. Pourtant, ce facteur ne l’a pas boosté autant qu’Orange ! Chechez l’erreur !

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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