les coups de boutoirs répétés des nouveaux entrants (entendez états nouvellement arrivés dans le concert des nations, ndlr) et des territoires parfois hors-la-loi économique ou politiquent incorrects, le système monétaire international semble vivre ses derniers soupirs. Ultimes spasmes avant sa mort, ce système historiquement bâti sur l’étalon-or puis sur le dollar (merci de Gaulle) s’apprête-t-il à rendre l’âme quand toque à la porte un nouveau classement des puissances mondiales à l’horizon 2050 qui place la Chine et l’Inde loin devant les USA.

Nul n’ose poser l’indélicate question qui s’apparente à une incongruité. Et pourtant, coup sur coup, deux Etats et non des moindres, l’Estonie et le Venezuela viennent, respectivement avec l’Eston et le Pétro, se lancer dans la crypto-monnaie, signifiant ainsi, sans le dire, leur ras-le-bol à un système soutenu par les accords de Bretton Woods et une vision américaine du monde accordant la part belle à leur économie. Ils embrassent un monde financier obscur, pouvant accueillir les acteurs du darknet ! branle-bas de combat par menaces interposées des tenants de l’ordre établi contre des membres d’une économie souterraine où tous les coups bas sont permis. Face à eux, la loi LCB/FT n’est pas opérante l’anonymat étant de mise.

Mais ces initiatives seraient sans importance aucune si le financement de l’économie mondiale ne bénéficiait pas de cette manne. Car à travers les ICO (Initial Coin Offering), les jeunes pousses lèvent des milliards et vont par là même financer la recherche-innovation dans le monde. Combien pèse-t-elle en France ou aux Etats-Unis ? Les sommes levées donnent le tournis en quelques heures et permettent de dynamiser l’économie dans son ensemble (plus de 2 milliards de valeur en octobre 2017). Qui Dieu mieux, pas la Bourse de Chicago, qui le 10 décembre dernier, a accueilli avec fracas le bitcoin faisant l’objet de contrats spéculatifs. D’autres plates-formes boursières qui espèrent timidement lancer des instruments financiers indexés sur les cours du bitcoin, alléchés par l’appâts du gain, seul moteur qui vaille pour un investisseur.

Bien entendu, AFM et ACPR pestent de ce côté de l’Atlantique. Pour combien de temps encore. Quand on sait que Les banques du Japon et de Corée du Sud se préparent à tester les paiements en temps réel, avec le réseau Ripple, FinTech de San Francisco, qui a accueilli une délégation chinoise, assortie de membres du gouvernement de la banque centrale entre autres, cela ressemble à la stratégie de domino ! Toutes les têtes de l’ancien système monétaire finiront-elles par tomber et donner raison aux crypto-monnaies ? on arrête de respirer face à ce que d’aucuns taxent de bulle financière.

Peut-être avant d’en arriver là, les tenants du système monétaire actuel auraient-ils intérêt à convoquer de nouveau accords qui au lieu de Bretton Woods se tiendraient à la Silicon Valley ou à Kémbong, au Cameroun oriental (Ambazonie) avant l’explosion aux éclats d’un système qui semble ne me plus convenir qu’aux nantis ! Internet serait-il comme Albert Enstein, sans le savoir, « révolutionnaire et rebelle. » on va finir par le croire, même en crypto-pensées.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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