Pour marquer la Journée internationale de la femme à sa manière, Assurance & Banque 2.0 publie une série de portraits de femmes… digitales. Coup d’envoi avec la patronne de Silkpay, histoire de démarrer en douceur, sans jeu de soie ou plutôt de mots.
« Il y a une approche féminine du management dont certaines entreprises se privent les atouts »
A la tête de Silkpay qu’elle a créé, Annie Guo est bien placée pour savoir quels sont les atouts qu’une entreprise gagne en portant à la tête de son management une femme ! La remarque ne laisse pas indifférente surtout que « La Journée de la Femme » du 8 mars ne manque pas d’interpeller le public sur ce fait de société. Sans tomber dans la guerre des sexes, version nouvelle génération. Cela devient d’autant plus important sachant que des femmes à la tête de multiples grandes entreprises font preuves de réussite pour le moins insolente. L’exemple d’Annie GUO l’illustre à plus d’un prix : fondatrice de la Fintech, Silkpay, domaine soit-disant réservé aux hommes, elle a réussi à en faire un grand acteur de renom international. A son actif des références qui feraient pâlir de jalousie plus d’une jeune pousse française : tenez par exemple, Alipay, Wechat, rien que cela. Comment expliquer la réussite de cette jeune Chinoise qui a fait une partie de ses études à HEC ? « Le management par les femmes n’est pas étranger à cette réussite car il insuffle certaines valeurs qui manquent lorsqu’une entreprise est dirigée par une femme. Au-delà d’une analyse qui ressemble à s’y méprendre à celle d’un chien de garde, force est de constater que la fondatrice de Silkpay déploie juste un regard pragmatique et maternel sur la conduite des affaires, furent-elles digitales.
Pour autant, elle reconnaît volontiers qu’il y a des domaines qui se prêtent volontiers aux métiers masculins ; mais on gagnerait à y insuffler un zeste de discrimination positive. Ce qui n’est pas le cas. Songez-y, “confier du paiement à une femme ressemblerait à une hérésie dans le Vieux Continent.” En revanche, voilà qu’en se levant, la Chine fait de cette fonction, une démarche confiée à une entreprise dont le créateur est une femme ! Il fallait le faire et elle s’appelle Silkpay : une séquence qui dure plus qu’un click de souris, même si nous sommes en plein cœur du digital.
La parole à :
Sylvie Clemot, Global Head of Digital Workplace chez Société Générale

 Le digital est un métier en croissance, il faut y encourager les femmes qui ont autant de valeur que les hommes à le porter »

Ingénieur informatique de formation, membre de l’association SG au Féminin et également mobilisée au sein des associations parmi lesquelles « Capital Filles ». Sylvie Clemot est une professionnelle de l’IT qui plaide activement pour l’insertion des femmes dans un domaine qui manque encore de talents féminins, alors que c’est un terreau pourtant non hostile à la femme.

 

La place de la femme semble naturelle au sein de Société Générale. Aucune barrière, pas de doute sur la légitimité quand on occupe un poste, cela paraît normal. Cela dit, la part des femmes dans le digital est de l’ordre de 20 % de femmes dans cette entreprise. Et c’est justement le reflet de la part de filles ingénieurs. Pourtant, cela gêne Sylvie Clemot car elle considère que par essence, le digital garde à tort une image de masculin, une symbolique de Geek ! donc Réservé aux hommes jouant avec l’ordinateur : une imagerie d’Epinal qui reste à casser dans la société. Résultat, dans une grande organisation comme Société Générale, pas de décideurs IT à très haut niveau mais des femmes à des postes de management dans les équipes IT. Sylvie Clémot, qui occupe des fonctions de management, estime que le groupe gagnerait à jouer les cartes de la mixité au plus haut niveau. « Les quatre personnes qui occupent ces fonctions sont des hommes. Les femmes arrivent après. » Une interrogation s’impose à elle : pourquoi la parité tant louée et vantée dans la société s’arrête ici aux portes du top management ? A cause des qualités requises que sont grosso modo la rigueur, l’engagement, l’investissement scientifique, le relationnel ? Pour Sylvie Clemot, « ces valeurs ne sont pas masculines, elles sont également réparties entre hommes et femmes ! Conclusion : il n’y a pas de raison qu’il y’ait des disparités ou de frein à la mixité. »

Comment expliquer ce qui peut paraître à tort comme un acharnement pour la valeur mixité ? Cette dernière ouvre et introduit une nouvelle ère marquée par la parité et l’apaisement, le saint graal introduisant des interactions différentes : « Avec plus de femmes à des postes de management l’on découvre une nouvelle façon de gérer, plus consensuelle et moins conflictuelle. Et donc source de valeurs pour toute organisation. » Messieurs les décideurs, il serait temps et judicieux de promouvoir plus de femmes au top management, dans un milieu où on gagnerait clairement à faire parler moins … de testostérone. A cette fin, Sylvie Clemot montre la voie pour attirer les femmes dans ce milieu vu comme non-attractif : « Nous avons tous à y gagner en mettant en place des projets digitaux attractifs. Mais cela ne suffit pas. D’où le sens de mon engagement » : elle fait partie de l’Association Capital Fille, qui vise à accompagner les jeunes filles des quartiers défavorisés ou ruraux dans leur orientation scolaire. Tout un programme donc ! Structurel.

 

 

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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