Ecoutez-les parler, ces aficionados de l’informatiques, ils ne vous causent plus que de mobiles et des applications distribuées. Très rares sont ceux qui évoquent encore les mainframes. Et pour cause, les temps semblent avoir changé : cela ferait has been d’entretenir quelqu’un sur des technologies censées être poussiéreuses au moment où l’Apple X est dans les bacs. Le mobile et sa figure emblématique ont changé la donne. Même chez les informaticiens. Du coup parler d’une session Web voire mobile est plus porteur qu’une transaction CICS.

IBM qui a multiplié les investissements en R&D (la vox populi informée) parle de 5 milliards d’investissements consacrés à le faire renaître, tel un Phoenix de ses cendres, le mainframe que l’on a enterré de multiples fois mais qui est revenu au moment où on l’attendait le moins. Quelle banque ou assurance gérant de volumes de données conséquentes peut-elle se targuer de faire abstraction des plates-formes grands systèmes ? Nous avons beau cherché ! Wallou ! en revanche, nous sommes tombés sur des acteurs qui grandissent sans cesse à l’heure où le mainframe a mauvaise presse. On a connu Compuware et sa capacité à prouver que les transactions les plus élevées restent encore gérés sur Mainframes ! TmaxSoft et autre RSD, pour ne citer que ces deux-là. Ne leur dites pas que le mainframe est mort ! ils vous expliqueront comment ils ont toujours su offrir de la puissance de calcul aux assureurs et aux banquiers à l’heure du digital. Plus dangereux, RSD a pris le parti de concilier les deux univers. Autant dire qu’il va trouver du répondant sur un terrain où les banques et les assurances ne savent comment sanctuariser et pérenniser leurs patrimoines applicatifs adossé à un mainframe qui de surcroît leur apporte un sentiment de sécurité à l’heure de l’endémie des cyber-risques.

Si le digital a ouvert une brèche avec en chamboulant l’organisation de l’entreprise (entrée en scène du DPO, revisite du statut du DSI, l’avènement d’un nouveau parcours client exigeant de la puissance), force est de constater que le combat reste égal dans les deux camps. Le digital avance, certes dans un brouhaha assourdissant ; mais le mainframe ne recule pas pour autant. Il fait de la résistance active et selon les situations, on a même tendance à lui attribuer une victoire au point là où tout le monde s’attendait à un KO généralisé.

Autant le web joue la carte du révolutionnaire progressiste, autant le mainframe fait office de conservateur. Ne cherchez pas de vainqueur car il n’y en aura pas, le juge de paix, en l’occurrence la qualité de service client ayant choisi son camp : celui de la neutralité.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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