Rien n’a encore transpiré sur la place de Paris mais selon nos dernières informations, il semblerait que de l’autre côté du Rhin, il se trame du manège chez des néobanques : N26, qui bénéficie d’une licence bancaire et affiche déjà des chiffres qui feraient pâlir plus d’une banque traditionnelle : plus d’un million de clients en Europe, serait dans le viseur du régulateur bancaire allemand ! Ce dernier aurait découvert qu’il est possible d’ouvrir un compte avec de faux documents d’identité !

Concrètement, la banque en ligne permet d’ouvrir un compte à partir d’un Smartphone ou d’un ordinateur en quelques minutes et de disposer d’une carte bancaire. Une aubaine que pourraient exploiter des malfaiteurs mais déjà, elle tombe sous le coup de la loi LBC/FT (lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme), au moins.

Hello Bank, C-Zam, Boursorama et autres N26 sont arrivés sur le marché avec des procédures allégées qui leur permettent de se positionner comme alternatives aux banques traditionnelles à réseaux, ce qui leur permet de proposer des frais bancaires réduits, et attirer massivement des consommateurs. A quel prix ? Certainement pas au sacrifice de la sécurité et des données et des transactions voire du non-respect de la réglementation.

En Allemagne, ouvrir un compte en dehors d’une agence physique nécessite de passer par un service de la Deutsche Post (Postident), qui se charge de vérifier l’authenticité de la pièce d’identité via un entretien vidéo avec un employé. En revanche, N26 semble avoir, en la matière, opté pour une autre procédure d’ouverture : dans plusieurs pays, y compris au Royaume-Uni ou au Portugal, elle consiste simplement à envoyer une photo de sa pièce d’identité. Des malins ont testé cette démarche et affirment avoir réussi à ouvrir des comptes chez N26 avec de faux documents, qui n’ont pu être authentifiés par la banque mobile.
La Bafin, régulateur bancaire allemand, a affirmé auprès d’un confrère local prendre aux sérieux cette possibilité et de s’y intéresser sérieusement. De ce côté-ci de l’Hexagone, la néobanque Nickel pourrait tomber sur cet abus mais on le sait, les comptes ouverts dans cet établissement à travers un bureau de tabac, font l’objet d’un contrôle particulier. L’on se souvient que le cas de Nickel avait attiré l’attention du ministère des Finances il y a trois ans clairement car les terroristes pouvaient utiliser ce process pour s’affranchir de montrer patte blanche et faire gérer impunément leur dénier par des instituions bancaires ayant pignon sur rue.

Toutes les mesures prises par les régulateurs visent à protéger le consommateur contre les abus enregistrés au paravent. Une prudence que l’on peut comprendre quand il s’agit de reconnaître, par exemple, les cryptomonnaies. Dans un cas comme dans l’autre cas, l’histoire semble régulièrement leur donner raison. Notamment quand on apprend que plus d’1 milliard de cette valeur aurait été volé rien que tout au long de l’année en cours, affirme un rapport de CipherTrace. En revanche, le même régulateur est aisément blâmé quand sa règlementation complexifie les process traditionnels pour sécuriser les transactions. Finalement, ce n’est qu’une question de curseur. Et peut être d’humeur. Allez savoir.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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