Une Gafa en…Cache une autre mais devient ce serpent de mer qui n’apeure plus ! Derrière les annonces de Facebook d’attaquer le secteur bancaire, Google a laissé tomber le masque cette semaine, dévoilant sa stratégie bancaire ! A la place d’un branle-bas de combat attendu dans le secteur financier français, l’on a plutôt assisté à un coup d’épée dans l’eau, pourrait-on dire. Il y’a encore une décennie, tout le monde se serait mis à trembler ! Aujourd’hui, les réactions à cette menace enfin mise à exécution restent plutôt pondérée : et alors ! pourrait-on résumer. En ajoutant même la fameuse réplique enfantine du genre « même pas peur ».

L’ogre GAFA ne ferait plus trembler les petits… de la finance ?

Oui, l’ogre GAFA ne fait plus trembler le petit poucet qu’est le secteur bancaire en France. Même nous, habitués à des envolées critiques, reconnaissons-le, quand il s’agit d’une telle annonce, nous sommes montrés pondérés ! Et pour cause, il y’a comme un parfum de déjà entendu dans cette affaire. Ce qui ne doit pas nous pousser à sous-estimer le risque. Alors, en responsable, nous avons sollicité les lumières de la société de consulting Square, pour un avis d’un troisième type, réputé plus objectif : selon Julien Borderie, associé qui est habitué à observer le modus operandi des banques et assurances à l’aune du comportement des GAFA, « il est très important de constater que les pratiques des mastodontes d’Internet réunies derrière ce vocable varient stratégiquement. Amazon ne conçoit pas l’attaque du secteur financier comme Google ou Facebook. Pour autant, tous ont un dénominateur commun : prendre pied dans cet environnement. » La fin est avouée et entendue, pour autant, les moyens et la stratégie diffèrent. » Et d’observer : «  à défaut de tuer les institutions bancaires pour les racheter, les GAFA vont les pousser à se transformer en « Commodity ». Après, et seulement après, ces géants d’Internet pourront les digérer ».

C’est donc, à en croire Julien Borderie, d’une nouvelle stratégie, reculer pour mieux sauter, qu’il s’agit, presque : à vouloir attaquer de front le secteur financier, l’ogre pourrait y laisser beaucoup du sien alors un peu de stratégie ne ferait pas de mal. Mais tout cela pour quoi faire ? je vous le livre en mille : avoir accès à plus de data et surtout vendre mieux.

Dans cette dernière optique, Google entend proposer à ses clients, à travers la City, son bras séculier dans la banque, des offres mieux ciblées car reposant sur un meilleur modèle de scoring capitalisant sur la data. Ils seront théoriquement imbattables sur la connaissance client. Soit, la banque reste toutefois un métier que Google ne connaît pas … encore. Mais, me direz-vous, il a du cash et peut tout acheter. Pour autant, il ne faut pas oublier que le facteur temps reste un paramètre très déterminant dans ce milieu et peut faire perdre un enjeu.

Derrière ce combat, le modèle achevé du Data driven

Au-delà de cette remarque, la menace des GAFA contribue à mettre en exergue les modèles bancaires européens dominants : l’Open banking a eu pour corollaire d’ériger des approches de Bank as a service : un modèle qui cantonne les banques traditionnelles au rang de Commodity ; à cela s’oppose le concept de Bank as a platform. En choisissant le premier, l’enjeu pour les établissements sera d’être capable de sortir du réduit dans lequel entend les confiner les prédateurs, les GAFA, ndlr. Son seul salut sera de se positionner sur d’autres terrains parmi lesquels la maîtrise du KYC. Cette connaissance client grâce aux données bancaires qui l’a rendu proie, le réhabilite en même temps. Des données qui tuent et qui sauvent, quoi ! En fait, la guerre de la donnée est réellement ouverte. Comme quoi, l’entreprise du 3eme millénaire sera data driven ou ne sera pas !

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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