L’assureur-crédit présente son équipe gagnante, sous la forme des 11 indicateurs économiques français (dé)montrant que la France se porte mieux cette année.

Selon Euler Hermes, la croissance économique française devrait atteindre +1,5 % en 2016, contre +1,2 % en 2015. Pour l’illustrer, il profite de la grande fête sportive européenne et établit une sélection de 11 indicateurs économiques qui prouvent qu’elle va mieux cette année.

Parmi les atouts du pays, une défense solide, des milieux de terrains créateurs et une attaque qui doute.  Qui, dans ce cas portera l’économie française vers la victoire, s’interroge l’assureur-crédit.

 

Pour ce dernier, la consommation des ménages pose les bases de la victoire et sera de nouveau au rendez-vous en 2016. A +1,9 % de croissance (+1,4 % en 2015), elle est soutenue par la baisse de l’inflation. Une inflation qui porte une amélioration du pouvoir d’achat, dont la progression s’est accélérée, atteignant désormais 2 %.

Si cette consommation joue le rôle de gardien de l’équipe, le poste de latéral gauche revient au crédit, qui tel Patrick Evra, se projette vers l’avant. Selon l’assureur-crédit, « la politique monétaire très accommodante de la BCE a entrainé une reprise du crédit, particulièrement au niveau des ménages et des entreprises : à 5 % de croissance sur un an, le crédit à la consommation a ainsi retrouvé un rythme comparable à ce qu’il était avant 2008. Ce rebond du crédit devrait permettre de soutenir la hausse de la demande perceptible par ailleurs. »

Quid en défense centrale ? Si sur le terrain du football, l’entraîneur des bleus, Didier Deschamps connaît quelques soucis conjoncturels liés à la perte inattendue de joueurs, en économie, « la France pourra miser en 2016 sur une paire défensive capable de garantir les bases d’une croissance économique solide. D’un côté, profitant pleinement des baisses de charges liées au CICE et au pacte de compétitivité, les marges des entreprises poursuivront en 2016 une belle remontée pour atteindre 32,5 % en fin d’année (31,4 % en 2015), redonnant aux entreprises la capacité d’investir. De l’autre, malgré sa hausse récente, le pétrole reste bas. Euler Hermes anticipe un prix du pétrole de 44 dollars le baril en 2016, soit une baisse (en moyenne sur l’année) de -15 % du prix du pétrole par rapport à 2015, qui protégera la consommation des ménages. »

Côté droit, on note « un rebond des permis de construire (+8,2 % sur 12 mois à fin mars 2016). Cette reprise devrait se poursuivre en 2016 et sera soutenue par l’investissement résidentiel des ménages qui a connu une hausse inattendue en début d’année (+0.3% au T1 2016). De bon augure pour les mises en chantier qui suivront et tireront l’activité pour les entreprises du BTP, qui progressent déjà de 3,2 % sur 12 mois en mars. »

En milieu de terrain, si Lassana Diarra s’est déclaré forfait, les chiffres d’affaires « se stabilisent dans le secteur de la construction (+0,1 %) ; ils enregistrent une croissance positive dans la plupart des secteurs, notamment les services aux entreprises (+5,8 %) et le commerce (+0,9 %). Les entreprises trouveraient donc de nouveaux débouchés : les chiffres d’affaires sont attendus en hausse de +1,3 % en 2016, ce qui est une aubaine pour l’investissement et la confiance des entrepreneurs », considère Euler Hermes.

En outre, s’il a reculé en 2014 (-1,2 %) et stagné en 2015 (0 %), l’investissement devrait reprendre du poil de la bête et retrouvera un niveau de jeu intéressant en 2016 (+2,6 Selon %). L’amélioration des perspectives de demande offrira l’opportunité aux entreprises d’améliorer un outil de production qui avait vieilli. Selon Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes, « l’investissement soutiendra l’économie française pour la première fois depuis 2011. Un niveau qui pourrait être suffisant pour enclencher un nouveau cercle de croissance vertueux et durable. »

Côté milieu offensif, « la confiance du secteur privé permettra de transformer le penalty. Les ménages n’ont plus été aussi optimistes depuis 2007. La confiance du consommateur a gagné 4 points au mois de mai, pour atteindre un niveau de 98. L’amélioration du climat des affaires montre que les entreprises deviennent elles-aussi plus optimistes : à 102, il retrouve ses plus hauts de la mi-2015 », confirme », confirme Ludovic Subran.

Enfin, reste aux attaquants de concrétiser les efforts de l’équipe. Sauront-ils le faire ? En ailier gauche, l’emploi intérimaire. Il a augmenté au cours des 3ème et 4ème trimestres (respectivement + 17 000 et +18 000 emplois) ; cela laisse envisager une dynamique positive de l’emploi marchand en 2016, contrairement à 2015. Ceci permettrait une légère réduction du taux de chômage à 10,2 % cette année, et à 10 % en 2017.

Quid de l’export ? En sa qualité d’avant-centre, redeviendra-t-il le meilleur buteur ? Pour l’assureur-crédit, les exportations françaises devraient croitre de +10 milliards d’euros en 2016, car même si les effets prix sont défavorables, les volumes restent au rendez-vous. Comme l’explique Stéphane Colliac, économiste France d’Euler Hermes, « le potentiel export a été affaibli en 2016 par la transmission de la baisse du prix des matières premières aux biens industriels et la dépréciation des devises émergentes. Cependant, les volumes sont toujours là et les exportations françaises devraient in fine croître de 3,5 % en volume cette année. Lorsque les effets prix redeviendront plus favorables, le potentiel de l’appareil exportateur n’en sera que plus évident. » Enfin, en ailier droit, le poste de défaillances d’entreprises saura-t-il faire face aux exigences de son poste à savoir replier pour secourir la défense ? Pour l’assureur-crédit, « la baisse des défaillances, amorcée en 2015 (-1 %), se poursuivra en 2016 (-3 %). Ce repli est déjà visible sur 12 mois à fin mars 2016, dans l’industrie manufacturière (-8,6 %), le commerce de gros (-8,4 %) et la construction (-7,4 %). » Cela étant, « la prudence est de mise : les volumes de faillites attendus pour la France en 2016 resteront 30 % supérieurs à ceux d’avant-crise », tempère Stéphane Colliac.

L’équipe de France mise en place par Heuler Hermes arrivera-t-elle au bout comme ce fut le cas des footballeurs de 1998 ? Rien n’est garanti dans un contexte de l’équipe de France déjà malmenée par les affaires. On le sait, comme en économie, le climat délétère ne facilite pas la réussite.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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