La compagnie dévoile une étude baptisée ‘”Allianz Pulse”. Première du genre, cette enquête s’attarde sur l’état d’esprit qui règne en France, en Allemagne et en Italie. La plupart des personnes interrogées estiment qu’il est nécessaire de procéder à des réformes en profondeur : l’indicateur Allianz Need for Change est supérieur à 60 dans les trois pays. La question sociale – inégalité, retraites, emploi et réduction de la pauvreté – est considérée comme le problème le plus urgent.

La protection du climat est considérée comme la priorité absolue de la nouvelle Commission Européenne. Les Français interrogés ont un avis négatif sur l’UE et l’euro : 40% ou 42 % leur trouvent plus d’inconvénients contre seulement 19% ou 26% qui leur trouvent plus d’avantages. La majorité des Français interrogés attend des entreprises qu’elles assument leur responsabilité sociale et climatique (53% et 62% respectivement). Pour la première édition de l’”Allianz Pulse”, un échantillon représentatif de 1000 personnes en France, en Allemagne et en Italie a été interrogé sur leurs points de vue sur les priorités politiques, les besoins de réforme et les aspirations.

La société ne change pas dans le bon sens : 59% des Français interrogés le pensent, contre seulement 29% qui voient les évolutions récentes sous un jour positif. En Italie (58%) et en Allemagne (46%), le mécontentement est légèrement inférieur. L’appel en faveur de nouvelles réformes est donc clairement audible. Pour répondre à cette demande de réforme Allianz a développé son propre indicateur, “Allianz Need for Change Indicator”, qui mesure la volonté de changement dans cinq dimensions : politique nationale et supranationale, mondialisation, digitalisation et changement climatique. En France, c’est avec 62,7 qu’il est le plus élevé, comparé à l’Italie (61,9) et à l’Allemagne (60,2), se situant donc bien au-dessus du seuil de 50 dans les trois pays. “Cette volonté de changement généralisée est assez surprenante”, a déclaré Ludovic Subran, Chef économiste du groupe Allianz. “Après tout, les répondants français et allemands, par exemple, ont des avis très différents sur la situation économique actuelle – la considérant mauvaise en France mais bonne en Allemagne. Mais tous les répondants ont pleinement conscience que le monde a changé et que personne n’est à l’abri. Les décideurs politiques en Europe devraient prendre cela à cœur. Les gens s’attendent à des changements fondamentaux afin d’assurer la prospérité à l’avenir. Il est donc temps de prendre des mesures audacieuses, non seulement en France, mais dans toute l’Europe.”

Les gens veulent du changement. Mais pourquoi ? Quels sont les problèmes les plus urgents auxquels est confrontée la société actuelle ? Les réponses sont similaires dans les trois pays : La question sociale est en tête de liste. En France, par exemple, la question des inégalités est la principale préoccupation (71% des réponses). C’est aussi le cas en Allemagne (71%) et en Italie, où elle arrive en troisième position (75%).

Selon la liste des problèmes sociaux, la sécurisation des retraites (66% des réponses) et la réduction de l’écart entre riches et pauvres (60%) figurent également parmi les priorités politiques des Français (voir tableau). Il y a une unité remarquable dans les priorités politiques des 3 pays. En Allemagne, par exemple, les retraites viennent également en tête (71%), tandis que la question des inégalités est au troisième rang (62%) ; en Italie, elle est au quatrième rang (58%) et les retraites au septième (54%). “De nombreuses personnes interrogées semblent craindre une crise imminente des retraites”, commente Arne Holzhausen, responsable des assurances et du patrimoine chez Allianz Research et co-auteur de l’étude. “Dans le contexte de l’évolution démographique, des taux d’intérêt zéro et de l’évolution rapide du monde du travail, ces craintes ne sont pas totalement infondées. Le problème des retraites ne peut cependant pas être résolu par les gouvernements seuls. La responsabilité personnelle, c’est-à-dire les efforts que chacun déploie pour subvenir à ses besoins, est tout aussi importante. La meilleure politique de retraite est celle qui permet à de plus en plus de gens de le faire.”

Cependant, les préoccupations sociales apparaissent parfois à des degrés divers : 64% des répondants français et 72% des répondants italiens considèrent la réduction du chômage comme la priorité absolue. Pour les participants allemands, en revanche, dans le contexte du bon état du marché du travail, ce problème ne joue qu’un rôle mineur (36%). Une autre similitude remarquable est que l’immigration ne figure plus parmi les dix premières priorités politiques dans les trois pays: elle est classée au 14ème rang (40%) en France, au 11ème rang en Allemagne (40%) et au 12ème rang en Italie (35%). La protection du climat ne joue pas non plus un rôle majeur dans le contexte national. En France (et en Allemagne), elle se classe 5ème (respectivement 54% et 57%), et en Italie seulement 8ème (46%).

Si la protection du climat n’est pas considérée comme une priorité absolue des politiques nationales, la situation change lorsqu’on pose la question des priorités politiques de la prochaine Commission Européenne (voir tableau) : 52% des Français interrogés citent la protection du climat comme première priorité, suivie par le règlement des inégalités (52%). L’immigration, elle aussi, est considérée davantage comme une question supranationale et se classe au troisième rang (47%). Les réponses des Allemands sont assez similaires : la protection du climat, suivie par les inégalités, la sécurité sociale et l’immigration – et pour les Italiens, qui, cependant, considèrent la croissance économique comme la priorité numéro 1, mais aussi l’immigration, l’inégalité et la protection des clients. “Les attentes vis-à-vis de la prochaine Commission Européenne font apparaître un mandat relativement clair”, a commenté Ludovic Subran. “La Commission Européenne devrait se concentrer sur les problèmes tels que le changement climatique et l’immigration. Les gouvernements nationaux, quant à eux, devraient se concentrer davantage sur les questions sociales. Ce serait une répartition claire du travail et une bonne solution pour remettre l’Europe sur les rails.”

Les personnes interrogées nourrissent des attentes élevées non seulement à l’égard des dirigeants, mais aussi des entreprises. 53% des Français interrogés appellent les entreprises à assumer leur responsabilité sociétale ; pour la responsabilité climatique, ce chiffre passe à 62%. Les répondants allemands et italiens sont encore plus exigeants : 68% (Allemagne) et 58 % (Italie) pour la responsabilité sociétale, 73% (Allemagne) et 70% (Italie) pour la responsabilité climatique. Dans le même temps, un maigre 20% des répondants français pensent que les entreprises assument déjà leur responsabilité sociétale, contre 64% qui pensent qu’elles devraient en faire plus. La situation est similaire en Allemagne (13% contre 61%) et en Italie (16% contre 69%). C’est un résultat qui donne à réfléchir et un signal d’alarme pour tous ceux qui veulent construire des entreprises durables. Allianz assume cette responsabilité et agit en conséquence : Pour mémoire, Allianz est l’un des membres fondateurs de la “Net-Zero Asset Owner Alliance”, un groupe des plus grands fonds de pension et assureurs du monde qui s’est engagé à investir dans un portefeuille neutre en CO2 d’ici 2050.

Le consensus entre les répondants français, allemands et italiens se termine lorsqu’on leur pose des questions sur l’UE et l’Euro (voir tableau). Seuls 19% des Français (et 24% des Italiens) voient plus d’avantages dans l’adhésion à l’UE, contre 40% (36% des Italiens) qui pensent que l’UE comporte plus d’inconvénients (et 42% pour qui avantages et inconvénients s’équilibrent ou sont indécis). En Allemagne, c’est l’inverse : 37% voient plus d’avantages, contre 23% qui pensent le contraire. L’âge des répondants semble jouer un rôle. Dans les trois pays, les millenials semblent voir l’UE d’un œil plus positif que la population totale. Mais alors qu’en France, le mécontentement à l’égard de l’UE augmente linéairement avec l’âge, en Allemagne (et dans une moindre mesure en Italie), les retraités sont les plus fervents défenseurs de l’UE. L’Euro est vu sous un angle très similaire : seuls 26% des Français interrogés y sont favorables. En revanche, les réponses des allemands sont surprenantes. Comme prévu, ils voient plus d’avantages que d’inconvénients dans l’Euro – mais seulement avec une majorité très mince de 4 points de pourcentage (36% contre 32%). L’Euro semble être une monnaie impopulaire, même parmi ceux qui en profitent.

Mais même pour les répondants français qui critiquent l’UE, le divorce n’est pas une option. Le nombre de personnes interrogées qui sont favorables à une sortie de l’Europe est nettement dépassé par celui des opposants à cette sortie, de 19 points de pourcentage en France et en Italie ; en Allemagne, cette différence atteint même 39 points de pourcentage.

“Le statut des relations entre l’UE et ses citoyens est compliqué”, a déclaré Ludovic Subran. “Ensemble dans l’UE ou seuls à l’extérieur, les 2 sont sources d’insatisfaction. Mais la situation n’est pas du tout désespérée et il y a de bonnes chances de trouver une solution. La majorité des répondants détestent encore plus l’idée de la séparation que la perspective de rester ensemble “.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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