Selon les analystes de cet acteur, les marchés financiers continueront à être en difficulté l’an prochain. Le PIB mondial n’accélérera que très légèrement, passant de 3,1 % en 2016 à 3,4 % en 2017, mais avec des différences régionales prononcées. Cependant, la Réserve fédérale américaine (Fed) s’engage vers une normalisation progressive de ses taux directeurs. Pour autant, les taux d’intérêt devraient rester très bas, voire négatifs, dans la majorité des pays développés. Corollaire, la plupart des classes d’actifs devraient générer des rendements faibles.

Selon Nannette Hechler Fayd’herbe, Global head of Investment Strategy de Credit Suisse, « le plus grand défi pour les investisseurs en 2017 sera de trouver des rendements à un degré de risque raisonnable ».

Car les risques politiques, liés aux élections à venir dans plusieurs pays européens, aux négociations sur le Brexit ainsi qu’aux incertitudes concernant la politique de l’Administration Trump, engendrent de la volatilité et doivent plus que jamais être pris en compte dans les stratégies d’investissement.

Cependant, les mouvements baissiers qui résultent de cette volatilité sont également porteurs d’opportunités pour les investisseurs compte tenu de l’intervention des banques centrales. Celles-ci devraient en effet maintenir des politiques monétaires accommodantes, neutralisant ainsi les risques de marché. Les corrections ponctuelles offrent donc des points d’entrée intéressants à condition de demeurer sélectif dans les choix d’allocation de portefeuille.

Face à cela, quel chois d’allocation d’actifs de portefeuille en 2017 ? Selon Credit Suisse,  au sein des portefeuilles obligataires, en l’absence de crise économique majeure ou de déflation, toutes deux fort improbables dans l’année à venir selon Credit Suisse, les rendements des obligations les mieux notées devraient rester très faibles. Les investisseurs sont contraints de se tourner vers des actifs plus risqués.

Les perspectives de rendement restent meilleures pour la dette corporate, les titres subordonnés, les obligations à haut rendement, la dette des pays émergents et les obligations convertibles.

Credit Suisse privilégie les obligations d’émetteurs financiers, notamment les titres subordonnés, car le renforcement des fonds propres des banques et l’assouplissement des conditions monétaires devraient améliorer le profil de risque du secteur financier.

Quid des actions ? Credit Suisse estime qu’elles devraient continuer à surperformer les obligations. Les portefeuilles d’actions doivent néanmoins être diversifiés sur le plan international, avec notamment une exposition aux marchés émergents, qui offrent des marges plus élevées et des valorisations plus attractives.

Côté régional, on peut noter un risque de sous-performance persistant en Europe. Les actifs risqués européens (obligations et actions) sont particulièrement exposés au risque politique. Les incertitudes liées au Brexit ainsi que les inquiétudes persistantes sur la santé des banques européennes sont susceptibles de créer des périodes de volatilité, offrant un couple rendement/risque moins attrayant. En particulier, les risques sur l’Italie et le Portugal doivent être suivis de près. Le marché suisse, au contraire, présente des qualités défensives qui conduisent à le surpondérer.

D’un point de vue sectoriel, la santé et la technologie offrent les meilleures perspectives, ces deux secteurs ayant le plus à gagner d’un possible rapatriement fiscal aux Etats-Unis. Les télécommunications et, dans une moindre mesure, celui des services aux collectivités, offrent également des perspectives intéressantes malgré un potentiel d’appréciation limité, en raison de leurs rendements généreux, avec des dividend yields de 5 % et 4% respectivement.

La hausse des rendements et la pentification de la courbe des taux soutiennent la rentabilité du secteur financier. Les titres financiers américains devraient en profiter plus particulièrement grâce à l’assouplissement probable de la réglementation du secteur par l’Administration Trump.

Les stratégistes de Credit Suisse privilégient également certains titres d’infrastructures, notamment la construction et les valeurs industrielles qui en bénéficient, en raison de possibles programmes de relance budgétaire et des besoins grandissants de renouvellement des infrastructures dans plusieurs grandes économies, dont les Etats-Unis.

Enfin, s’agissant des matières premières, la préférence de Credit Suisse va au secteur des matières premières énergétiques, où la diminution des investissements a déjà permis un net ralentissement de la production tandis que la demande reste soutenue. Le groupe bancaire estime que le prix du pétrole pourrait se rapprocher de USD55/baril.

Du reste, les investissements alternatifs (hedge funds et private equity) s’imposent de plus en plus pour compléter les portefeuilles d’investissement, grâce à l’effet de diversification des hedge funds et un couple rendement/risque attractif pour le private equity, moyennant une certaine illiquidité. Les investisseurs ayant une vision de long-terme, comme les family offices, ont intérêt à les surpondérer dans leur portefeuille.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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