Selon une étude réalisée par Accenture, les investissements dans les technologies financières (FinTech) affichent un dynamisme remarquable, progressant de plus de 750 % dans l’Hexagone, entre 2014 et 2015. Une embellie valable pour les autres pays.

167 millions d’euros : tel est l’effort d’investissement consenti en France dans les FinTech, entre 2014 et 2015. En cette année 2016, le premier trimestre confirme cette montée en puissance. Dans le monde, les investissements dans le secteur ont fortement progressé (67 %) par rapport à la même période l’année passée pour atteindre un total mondial de 5,3 milliards de dollars. Selon le rapport d’Accenture, les investissements au profit des FinTech basées en Europe et en Asie-Pacifique ont pratiquement doublé, pour atteindre 62 % des investissements mondiaux.

Selon Richard Lumb, directeur général monde de l’activité d’Accenture dans le secteur des services financiers, « l’innovation portée par les FinTech se propage bien au-delà des hubs technologiques traditionnels. Les nouvelles opportunités offertes par la robotique, les blockchains ou encore l’Internet des objets ne sont pas tant liées à une zone géographique qu’à la capacité du secteur financier à adopter à plus large échelle de nouvelles idées pour améliorer leurs services et leur efficience. La quatrième révolution industrielle est un phénomène mondial qui confronte le secteur des services financiers à de nouvelles innovations et à de nouvelles entreprises issues du monde numérique, concurrentes et/ou Selon ce rapport, « la part du financement des entreprises FinTech de type collaboratif, par rapport à l’ensemble des investissements du secteur, est passée de 38 % en 2010 à 44 % en 2015. Dans la même période, la part des projets collaboratifs progresse de façon encore plus spectaculaire en Amérique du Nord, passant de 40 à 60 % du total des investissements.  On note en revanche une tendance inverse en Europe. » Et Philippe Vidal, responsable des activités Banque d’Accenture en France, d’ajouter : « le fait que la proportion des FinTech disruptives soit beaucoup plus élevée en Europe et en Asie qu’en Amérique du Nord, est le signe de marchés encore à leurs débuts de maturité. L’Europe comble peu à peu son retard, avec notamment des investissements croissants au Royaume Uni où les FinTech bénéficient d’un contexte réglementaire plus favorable. Ce qui prend deux années en France ne dure que quelques mois en Angleterre. Le bon côté de la chose, c’est que les projets sont parfois mieux mûris et plus ciblés dans l’Hexagone. Les banques ont tout intérêt à tirer parti de ce foisonnement en ré-imaginant leurs propres services. »

Autre enseignement : si les FinTech dites disruptives parviennent à concurrencer les banques au moment de leur arrivée sur le marché, elles finissent bien souvent par s’aligner sur ces dernières au fil des investissements, opérations d’acquisitions, partenariats etc. Cette tendance est illustrée par la récente prise de participation de BBVA dans le capital d’Atom, une banque dont les services ont été lancés la semaine dernière à Londres et proposés exclusivement via support mobile.

Malgré l’émergence d’une proportion croissante de FinTech collaboratives, le rapport souligne « la participation relativement faible » des banques elles-mêmes aux efforts d’investissement. L’an dernier, les banques ont investi 5 milliards de dollars sur les 22,3 milliards des investissements totaux déclarés dans la FinTech. A titre de comparaison, elles investissent chaque année entre 50 et 70 milliards de dollars, selon les estimations du rapport, dans leurs propres technologies.

Par ailleurs, le rapport d’Accenture montre que les investissements à l’échelle mondiale dans la FinTech ont augmenté de 75 % en 2015, passant de 9,6 à 22,3 milliards de dollars. Dans cette dynamique, les États-Unis ont connu une croissance modérée de +44 %, soit une augmentation de 4,5 milliards de dollars en financements supplémentaires. En revanche, l’Asie et l’Europe ont bénéficié d’une croissance beaucoup plus rapide : en Chine (+445 % à près de 2 milliards de dollars), ainsi qu’en Inde (1,65 milliard), en Allemagne (770 millions) et en Irlande (631 millions).

Sur le Vieux continent, le total des investissements dans la FinTech a atteint + 120 % entre 2014 et 2015 ; quant au nombre de transactions, il a augmenté de 51 %. L’investissement dans les FinTech allemandes enregistre une progression de 843 % sur cette même période. En France, il a également bondi de plus de 750 %. Du côté de l’Asie-Pacifique, les investissements ont plus que quadruplé en 2015 pour atteindre 4,3 milliards de dollars. Des sommes qui ont essentiellement été investies en Chine (1,97 milliard de dollars) et en Inde (1,65 milliard de dollars). Au cours du premier trimestre 2016, les investissements FinTech de la zone Asie Pacifique ont augmenté de 507 % par rapport à la même période de l’année précédente (passant de 445 millions à 2,7 milliards de dollars) ; cette croissance étant presque entièrement tirée par la Chine. En Amérique du Nord, les investissements FinTech ont progressé de 44 % pour atteindre 14,8 milliards de dollars en 2015. Et les États-Unis continuent à dominer le secteur avec 667 opérations, en progression de 16 %.

Méthodologie

L’enquête d’Accenture s’appuie sur une analyse des données d’investissement FinTech collectées par le cabinet CB Insights. Une analyse qui couvre notamment les activités de financement des entreprises de capital-risque et de private equity, grandes entreprises et leurs filiales chargées des projets de capital-risque, hedge funds, accélérateurs et fonds garantis par des États. Les travaux de recherche ont également inclus les activités de sortie des entreprises FinTech (fusions/acquisitions et appels publics à l’épargne, notamment), ainsi qu’un certain nombre de facteurs régionaux pour l’Europe, l’Amérique du Nord, et l’Asie-Pacifique. Les données collectées portent sur la période 2010 – premier trimestre 2016.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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