Las d’être cantonné au monde des vulgaires robots et systèmes experts de nième génération,  Watson,  le chantre de l’informatique cognitive d’IBM, interroge ses géniteurs sur son avenir. What, my Son ?  Pourrait rétorquer, en substance, Big Blue. Serais-tu mature déjà ? Alors, tes applications, tu auras.

Depuis son coup de maître qui a bluffé beaucoup de personnes devant leur petit écran outre-Atlantique, Watson s’en est retourné dans son laboratoire. Ou presque. Une vie austère passée à subir des tests. Sans lendemains opérationnels. En ces heures de digitalisation accrue, peut-on se passer de la puissance de ce génie ? Ce ne devrait plus être pour longtemps. Le récent Business Connect parisien d’IBM veut sortir cette créature de son enferment. Et la propulser sur le terrain. On imagine déjà ses applications et la différenciation sous-jacente  dans les environnements de production.

Dans le domaine de la santé, Watson a déjà prouvé qu’il pouvait faire des merveilles. Nous ne reviendrons pas ici sur ses acquis et, paraît-il, l’AP-HP pourrait en être l’une des premières bénéficiaires sur le terrain médical en France. Idem pour les laboratoires de recherche, où il a contribué à faire avancer l’ingénierie. La nouveauté est lancée de cet outil sur les marchés bancaires et assurantiels, par exemple. Ces professions vont bientôt avoir la possibilité d’exploiter Watson dans le cadre de leur transformation numérique. Autant dire que ce cher Watson a du pain sur la planche, pour peu qu’il arrive à proposer, à tout le moins, le même apport que les technologies traditionnelles, voire mieux qu’elles. Pour faciliter son immersion dans le tissu industriel français, il faudra transformer son moteur cognitif à la langue française et à notre raisonnement. Cela devrait être un acquis en 2016. Paraît-il, un acteur bancaire de la place aurait accepté d’investir pour cette transformation. Une option pour damer le pion à la concurrence ? Probablement. On retrouve ici le même modus operandi mis en application entre acteurs de la finance et les start-up. Objectif, tester ensemble des applications à partir de données métiers. Puis plonger dans le réel. Et fragiliser la concurrence.

On le voit, travailler avec Watson devrait être quelque peu inédit, même si le modèle du partenariat se veut universel. En revanche, le contenu de cette synergie devrait être le même. D’ailleurs, IBM prévoit également d’inviter des Start-up aux côtés de sa merveille qui peut potentiellement intervenir sur différents points qui intéressent la banque et l’assurance : la fraude, la connaissance client, etc.

L’arrivée de Watson dans le monde industriel sonnerait-elle le réveil des technologies cognitives ? En tous les cas, le marché n’a pas attendu cet enfant d’IBM pour jouer une telle carte. Il est lointain le temps des premiers systèmes experts et ceux à base de connaissance (SBC). Les moteurs d’inférence ont montré et montrent leurs nouveaux visages dans l’opérationnel. Regardez la société Yseop. Elle bâtit son développement sur cette approche alternative qui lui permet d’automatiser, par exemple, le courrier à adresser aux collaborateurs d’une entreprise appelés à solliciter une proposition de sur-complémentaire sur un site Web ; au sein de Natixis Assurances, une solution d’analyse sémantique des e-mails permet de cerner le besoin d’un assuré. La Rolls Royce que constitue Watson pourrait-elle concurrencer ces outils alternatifs à des coûts probablement plus compétitifs ? Wellcome Watson pour nous permettre de jauger ta singularité sur le terrain.

 

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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