Où l’on apprend que les transactions sur les portefeuilles de créances européennes non performantes pourraient atteindre 100 milliards d’euros en 2015.

Cette enquête a été révélée dans le cadre de la sixième conférence annuelle sur la restructuration des banques et les portefeuilles. Elle se tient à Londres où se réunissent près de 600 banquiers et investisseurs. Elle révèle deux enseignements clés : « cinq années supplémentaires de transactions sur les portefeuilles de crédits seront nécessaires aux banques pour céder la totalité des créances non stratégiques et des crédits non performants ; l’Europe Centrale et de l’Est ainsi que l’Italie sont les marchés émergents pour ce type de transactions. »

Pour le cabinet d’audit, « les banques européennes détiennent encore environ 1 900 milliards d’euros d’actifs non stratégiques six ans après la crise financière, ce qui représente près de 4 % des actifs des banques européennes. »

Plus généralement, selon PwC, 91 milliards d’euros de portefeuilles de créances (en valeur faciale) ont été cédés par les banques européennes au cours de l’année 2014, soit une hausse d’environ 40 % par rapport à 2013. Le cabinet estime en outre à 100 milliards d’euros la valeur faciale des actifs qui devraient faire l’objet de transactions au cours de l’année 2015.

Pour Hervé Demoy, Associé spécialiste des transactions dans le secteur financier, « les banques italiennes portent plus de crédits non performants que tout autre pays européen. Ces encours sont estimés par PwC aux alentours de 185 milliards d’euros, ce qui représente environ 15 % du total des crédits non performants en Europe. Par ailleurs, une croissance significative du nombre de transactions est attendue en Italie et dans d’autres pays d’Europe Centrale et de l’Est. Celles sur portefeuilles de crédits en Italie ont atteint 8 milliards d’euros en 2014, et PwC attend un montant de plus de 15 milliards d’euros en 2015. »

Par ailleurs, le cabinet a également dévoilé les résultats de sa dernière étude annuelle réalisée auprès des acheteurs et vendeurs de portefeuilles de crédits. Résultats : les fonds de Private Equity et les autres classes d’investisseurs détiennent plus de 70 milliards d’euros de liquidités à investir dans des actifs vendus par le secteur bancaire européen. Analysant cette situation, Hervé Demoy a déclaré : « il subsiste un intérêt considérable des investisseurs pour l’acquisition d’actifs bancaires, du fait de la restructuration en cours et sans précédent du secteur. Il y a une forte concurrence entre les différentes catégories d’investisseurs qui cherchent à acquérir ce type d’actifs. Par conséquent, nous assistons à une hausse des prix sur le marché, ce qui rend la cession de ce type d’actifs d’autant plus attrayante pour les banques. » Et d’ajouter : « notre étude montre que les attentes en matière de taux de rendement des investisseurs demeurent largement inchangées par rapport aux dernières années, ce qui nous porte à croire que les investisseurs sont plus optimistes quant aux rendements potentiels de ces actifs. Autrement dit, la valorisation de ces transactions intègre un potentiel de rendement plus important, en particulier sur les marchés les plus liquides et les plus matures que sont le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Irlande. Cette tendance favorise des investisseurs établis sur le marché, ce qui pourrait amener les nouveaux investisseurs à se concentrer sur les marchés émergents pour ce type d’actifs comme par exemple l’Europe Centrale et de l’Est ou l’Italie. »

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

Twitter LinkedIn Google+

Newsletter

Vous n'avez pas le temps suivre l'actualité ? Découvrez nos newsletters gratuites, quotidiennes ou hebdomadaires.

Inscription Newsletter


Le Mensuel

Chaque mois, un regard éclairé et sans concession sur l'actualité de l'Assurance, de la Banque et des Services Financiers.

Découvrir le magazine