Troisième du genre, l’exercice de stress test réalisé en 2016 conduit par l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA). Il a été centré sur les risques liés aux taux bas pour les assureurs vie.

L’environnement de taux bas a été identifié par l’EIOPA et l’ESRB (Comité européen du risque systémique) comme la principale menace pour le secteur de l’assurance. Ce qui motivé le choix de ce thème l’EIOPA.

Concrètement, le nombre de risques testés était plus réduit qu’en 2014, mais le périmètre de l’exercice a été étendu afin de couvrir au moins 75 % des provisions techniques vie et de constituer un échantillon représentatif du marché de l’assurance vie en termes de taille et de nature des organismes. Ce qui représente, au total, 236 organismes – dont 17 français, qui ont participé à ce galop d’essais.

Les scénarios étaient composés d’un choc instantané à appliquer sur les comptes au 31 décembre 2015. Le premier (dit “Low-forlong”) correspondait à un aplatissement de la courbe des taux, signe de taux bas durables, le second (appelé Double Hit) consistait en un choc simultané sur les taux d’intérêt et les valeurs d’actifs, conduisant à une augmentation des spreads.

Le 15 décembre dernier, L’EIOPA a publié les résultats de cet exercice, ainsi que des recommandations adressées aux autorités nationales afin qu’elles encouragent les organismes à mettre en oeuvre une politique de gestion des risques et des stratégies suffisamment prudentes dans l’environnement de taux bas.

Pour mémoire, les résultats montrent des organismes convenablement capitalisés en situation initiale avec un ratio de solvabilité moyen de 196 % (136 % si les mesures du paquet “branches longues” sont exclues). Les deux scénarios ont des effets significatifs : on observe, pour le scénario double hit, une baisse de 160 milliards d’euros de l’excédent actif sur passif de l’ensemble des participants européens, et dans le scénario low-for-long, une baisse de 100 milliards d’euros.

Selon l’ACPR qui relaie le point de vue de l’EIOPA, « ces résultats moyens masquent les disparités observées, dans un scénario ou l’autre, sur les organismes pris individuellement ou sur les marchés domestiques. Ces disparités s’expliquent par la structure de bilan des assureurs et les caractéristiques propres aux marchés. »

L’ACPR a relayé l’information sur son site Internet et complètera prochainement, dans sa publication Analyses et Synthèses, l’analyse des résultats du marché français, l’exercice ayant été étendu en France à 17 organismes supplémentaires, afin de représenter la quasi-totalité du marché de l’assurance vie (90 % des provisions techniques).

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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