L’investissement socialement responsable (ISR) devrait pourtant trouver un écho favorable sur le terrain alors que la communication et la sensibilisation « vertes » prennent du poil de la bête. Détrompez-vous, c’est loin d’être le cas. Comment l’expliquer alors que le greenwashing
(écoblanchiment, ou verdissage, ndlr) occupent de plus en plus une place croissante dans notre société. Nous sommes allés sur le terrain rencontrer
les experts en la matière pour comprendre.

Hugo Bompard, cofondateur et directeur scientifique de Nalo, note le potentiel de l’ISR (+48 % d’épargnants y sont sensibles, tout de même) alors qu’il ne génère que 300 miliards de fonds. Même si la croissance sur ce terrain reste forte, elle est très en deçà des performances enregistrées pour la voie traditionnelle, l’assurance vie classique. La raison est à rechercher du côté de l’existence des mandats de gestion ISR même si l’offre commence à être plurielle. L’assurance vie reste le véhicule principal. Et pour cause, il reste très difficile pour le particulier de s’y engager, faute de culture financière mature. « Il faut de l’accompagnement », martèle Hugo Bompard, ce qui n’est pas encore pleinement le cas sur le marché ! Comment encourager l’investissement socialement responsable ? Certes quelques acteurs traditionnels comme Aviva, MAIF, prennent le chemin des mandats « verts » et la loi Pacte, qui stipule que tout contrat d’assurance vie multisupport doit désormais intégrer au moins un support responsable, devraient booster l’ISR.

Cela est d’autant plus important que côté performance, les fonds verts n’ont rien à envier aux autres : selon le directeur scientifique de Nalo, « Depuis le début de l’année, nos mandat ISR affichent jusqu’à 16 % de performance alors que les mandats classiques enregistrent 14 %. » Imparable.

Pourquoi donc le choix de la voie classique ? C’est, semble-t-il, une question d’acculturation. Auquel cas, les actions de marketing et de communication menées sur ce terrain devraient encourager l’investissement « vert ». Freinés par leur capacité à gérer les mandats de fonds écolo, les investisseurs semblent rester les mêmes, qu’il s’agisse de l’ISF ou du traditionnel : du fait d’un manque de culture financière. Un argument qui démotive fortement le commun des mortels face à la Bourse, par
exemple. Il faudra d’abord former la vox populi. Et ça, ce n’est pas pour demain. Mais la courbe de l’investissement en épargne verte rencontrera certainement celle dite classique. Question de temps. Et d’acculturation. La FFA a publié un guide d’investissement dans l’ISR qui devrait encourager davantage le “verdissement” de l’investissement. C’est en tout le voeu de plus de 50 % des investisseurs, selon une dernière enquête publique en la matière. Prometteur.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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