L’avait-on perdue de vue ? Non l’intelligence artificielle ou ingénierie cognitive, avait totalement disparu des radars de la technologie 2.0. A la faveur de la maturité des outils Web et notamment de l’Internet des objets, elle n’est plus retoquée. Elle toque même à la porte.

Depuis quelque temps, l’intelligence artificielle a retrouvé ses neurones. En les mettant en réseau, elle avance sur le terrain, dans l’industrie comme dans la banque et l’assurance. Comment expliquer un tel regain d’intérêt ? L’I. A, comme on l’appelait alors au milieu des années 90, aurait-elle viré sa cuti ? Il semblerait que non. Systèmes à base de connaissances et autre moteur d’inférence restent les concepts-clés de son architecture ; comme par le passé. Pour être à nouveau en odeur de sainteté, a-t-elle cessé d’imiter l’homme comme l’avion a renoncé à reproduire le principe du vol de l’oiseau pour prendre son envol ? Pas franchement.

Pourtant, elle est reprise là où nous l’avions abandonnée il y a deux décennies, avec des succès remarquables. Où est donc le changement ?

Entre-temps, la donne a évolué, la miniaturisation élargit le champ des possibles. Le Smartphone devient notre accessoire … principal. Et surtout, les objets connectés annoncent de nouveaux changements. Alors, les GAFA, suivis des Fintech, se lancent dans la recherche sur l’Intelligence artificielle. Google, Facebook et bien d’autres investissent des millions de dollars pour faire avancer sa cause. Et créer des solutions combinant le Net et l’I.A. En fait, cet input qu’est l’intelligence artificielle était probablement arrivé trop tôt sur le terrain. Un terrain où elle est réutilisée désormais, en environnement de production.

Un exemple, le MIT entend mettre au point un processeur graphique doté de capacités d’apprentissage. Destiné aux Smartphones, il se singularise par sa consommation d’énergie dix fois moins importante qu’une puce classique. Une puissance qui pourrait l’aider à faire fonctionner des applications d’intelligence artificielle directement sur un smartphone, des objets connectés ou une voiture intelligente, sans passer par une connexion Web. Innovant.

Sans attendre cette utilisation futuriste qui ne devrait pas faire de mal à l’intelligence artificielle des années 90, le champ opérationnel accueille des applications en environnement de production. La gestion de sinistre en bénéficie comme c’est le cas chez Natixis Assurances pour sa solution d’analyse des motifs de requêtes relatives à la gestion de sinistres. D’autres solutions vont plus loin et conseillent en ligne les téléconseillers. Tout comme des robots humanoïdes qui aiguillent déjà les clients dans certaines banques japonaises. Caution morale, l’homme reste toujours en embuscade. Et rappelle aux chantres de l’intelligence artificielle leurs limites, sous forme du spectre de Frankenstein. Lequel ? Celui Lucien Sfez* ou de l’Anglaise Mary Shelley **? A vous de choisir. Mais sachez-le, le risque reste le même, celui d’une machine qui prendrait la place de l’homme.

 

*Lucien Sfez, critique de la communication

** Frankenstein ou le Prométhée moderne (Frankenstein ; or, The Modern Prometheus), un roman publié en 1818 par Mary Shelley

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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