A coup de fautes d’orthographe et grammaticales, nous assassinons chaque jour l’illustre grammairien savoisien, tout particulièrement dans nos écrits professionnels. L’image de l’entreprise peut facilement en pâtir.

Le phénomène des fautes d’orthographe et grammaticales commises par les collaborateurs dans le cadre de leur fonction est  souvent évoqué. Plutôt entre deux portes ; mais il n’a pratiquement jamais été réglé. La mode des SMS s’étant généralisée et avec elle l’écriture en phonétique, beaucoup de courriers professionnels sont l’occasion d’une mise à mort, à tout va, de Vaugelas. Une pratique qui irrite certains clients et les pousse parfois à remettre en question leurs liens contractuels avec le fournisseur pour cause de légèreté grammaticale. L’actualité ne dit pas si, chez un grand courtier grossiste de la place, on en est arrivé là. Il a décidé de prendre le taureau par les cornes en organisant une opération somme toute de sensibilisation sur le mal-écrire. Au total, un peu moins d’une centaine de collaborateurs  volontaires sur des milliers ont accepté de se prêter à ce jeu du savoir-écrire. Ce ne sera pas la dictée de Pivot mais cet exercice pourrait être le pivot d’une stratégie en la matière. Car le courtier ne saurait s’arrêter en si bon chemin. Il devrait poursuivre cette bataille un peu perdue à l’avance tant y participer pourrait exposer au ridicule au sein de l’entreprise, pense certainement plus d’un.

Comment faire quand le vers est dans le fruit et que maîtriser la règle du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’apparente à de la haute science ? Comment y arriver quand un tel accord grammatical est obligatoire pour obtenir son Certificat d’études primaires et élémentaire dans certains pays francophones lointains mais presque jamais maîtrisé quand il s’agit de devenir rédacteur ou gestionnaire de sinistres voir journaliste en ligne ou à la télévision chez nous ? Faut-il désormais organiser les séances de dictée avant embauche ? Maitriser la grammaire garantit-il une bonne compétence métier ? Un savant dosage est à prévoir. L’accent étant à mettre sur l’un et/ou l’autre, en fonction de la stratégie de l’entreprise.

Selon un manager d’une compagnie d’assurance, « tous les collaborateurs en contact avec l’extérieur devraient être soumis à des tests de grammaire et d’orthographe, puis prendre des cours de rattrapage, en cas de besoin ; ils sont largement plus gratifiants que les sessions pédagogiques réservées à la maîtrise de logiciels bureautiques dont les fonctions sont largement sous-utilisées, sans parler des fautes orthographiques commises malgré ces outils dont les correcteurs automatiques proposent parfois des réponses difficilement interprétables par quelque utilisateur en mal d’expérience.

Tout compte fait, cette idée d’enseigner les cours de français est loin d’être farfelue d’autant plus qu’avec les moyens modernes que sont le e-learning, chacun peut apprendre à son rythme. Encore faut-il que les collaborateurs acceptent de s’y livrer. Reste la génération Y, qui arrive au sein de l’entreprise. Si elle est « accro » au raccourci SMS, elle n’est pas forcément mauvaise rédactrice. Il paraîtrait même qu’en généralisant la gratuité de ces messages courts dans beaucoup de forfaits, les opérateurs français ont offert la possibilité aux jeunes de réapprendre à écrire correctement. Quant à notre rédaction, elle se propose de parrainer toute opération visant à améliorer la maîtrise du françois.

 

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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