Quand un acteur majeur comme la MGEN veut mieux servir les Français, il prend leur pouls. Question de savoir comment vont-ils et ce qu’ils aiment. L’enquête publiée ce vendredi en synergie avec Solidaris abonde dans ce sens.

Au-delà de la volonté de sonder le niveau de bien-être de la société, l’objectif était de toucher du doigt le véritable état d’esprit des Français. Disons-le tout de GO, il va mal. Il est vrai, loin de la caricature du Français râleur et éternel insatisfait qui nous colle à la peau, les faits sont plutôt troublant, à tous les niveaux de réponses.  Nous relèverons les plus critiques même si tous ces résultats portent en eux les germes d’une population plutôt sérieusement touchée et atteinte : car comment le voir différemment quand on sait que selon l’étude, les Français, à concurrence de 36,6% ont l’impression de vivre dans une société cloisonnée, contre 22,5% 3 ans plus tôt.  Malaise général qui se retrouve dans d’autres domaines. Quand on les interroge, par exemple, sur la capacité de s’occuper de leur proche, les résultats sont sans appel : on était passé de 54.3% à 43.2% entre 2016 et 2017, et nous voilà remontés à 58.4% en 2018. En clair, les Français s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. Et ce ne sont pas les politiques qui vont nous relever le moral puisqu’ils n’inspirent pas confiance. Du coup on se dit que la société ne sait plus à quel Saint se vouer ! Seule planche de salut, même si l’avenir des enfants reste inquiétant, la cellule familiale apparaît comme l’unique espace digne de confiance en ces heures de doute !

Mais dans quel état sera une telle entité quand on apprend que le temps d’attente pour un accès au soin ne fait que s’allonger et touche les 2/3 des Français. Est-ce pour cela que VYV, le nouveau géant de l’assurance-santé française né du rapprochement MGEN et Istya, a fait l’acquisition de la structure MesDocteurs et s’ouvrir à la téléconsultation ? Quoiqu’il en soit, ce phénomène s’élargit aux spécialistes qu’il touche à 85 % les sondés terrain où la téléconsultation reste inappliquée en France. Corollaire sans doute, la triste réalité du renoncement aux soins surtout ceux relevant des spécialistes. Ainsi, de 13.8% en 2016, ils sont passés à 20.7% en 2018.  Bien entendu, ce que l’on pouvait redouter est déjà là : la renonciation aux médicaments. Combien sont-ils à se livrer à ce sport qui concerne pourtant des Français malades ? Une véritable lame de fond puisque qu’en trois ans le phénomène s’institutionnalise. Les chiffres de l’enquête le confirment : Le nombre de Français qui renoncent à pousser la porte de l’officine est en constante augmentation et est passé de 6.7% en 2016 à 16.7% en 2018. Tenez-vous tranquille, 43 % de Français sont inquiets pour la place que les dépenses liées aux médicaments prennent dans leur budget. Pour enfoncer le clou, ils étaient 37 % en 2016.

A l’arrivée, l’on obtient forcement une population mal dans sa peau et dans sa tête, ce que signifie clairement que l’enquête sur la santé mentale et notamment les échelles scientifiques que sont le PHQ9 (dépression) et le MSP 10 (stress) sont en lien avec le contexte précédemment décrit, à savoir une amélioration en 2017 qui ne dure pas en 2018.

Alors, quel jugement porter sur le système de santé des Français ? Est-il adapté aux besoins de la population nationale ? Les résultats continuent de diminuer (67,8% en 2016, 68,5% en 2017 et 65,2% en 2018). Décidément, les Français ne vont pas bien. Est-ce le mouvement des Gilets Jaune qui instille autant de pessimisme ? On pourrait l’avancer lapidaire, mais malheureusement, à l’épreuve des chiffres de Solidaris, le malaise semble plus profond. Et dire que la santé ne figure pas dans le tour de France, engagé par Emmanuel Macron. Le malaise s’installe.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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