Le week-end dernier a été marqué par la publication des résultats des tests de résistance (stress tests) et de l’AQR (Asset Quality Review) ; les établissements bancaires français ont le sourire. Sauf un.

Au terme de l’évaluation de la qualité des actifs de 130 banques les plus significatives de la zone euro, la Banque Centrale Européenne (BCE) et l’Autorité bancaire européenne (ABE) ont publié les résultats de ce galop d’essai. Cette étude qui prévoyait une revue détaillée des actifs des banques et des tests de résistance a révélé de bons résultats du côté des banques françaises mobilisées. Sur les 25 établissements européens recalés, un seul groupe français sur 13 ayant vu son bilan examiné en 2013 a été recalé. Il s’agit de la Caisse de refinancement de l’habitat (CRH), une institution détenue par les prêteurs immobiliers. Cet échec est pourtant sans conséquence pour elle sachant qu’elle avait effectué en juin dernier une augmentation de capital de 250 millions d’euros, c’est-à-dire deux fois supérieure au besoin souligné par les tests de résistance.

Chacun y va de son auto-congratulation

En dehors de cette fausse note, tous les autres acteurs ont fait bonne figure. BNP Paribas indique, dans un communiqué : « l’impact global des ajustements de l’AQR sur le ratio de CET1 du Groupe BNP Paribas est mineur : 15 pb. Il est déjà compris à hauteur de 8 pb dans le ratio de CET1 publié au 30 juin 2014. Les résultats des tests de résistance montrent par ailleurs la capacité du Groupe BNP Paribas à résister à un scénario de stress majeur, basé sur des hypothèses extrêmement sévères d’évolutions des conditions économiques et de marché. » Même tonalité du côté de la société Générale pour qui sa revue de la fiabilité des actifs  à abouti à une « confirmation de la qualité des portefeuilles d’actifs et des modèles de gestion des risques ». Avec « un ajustement normatif très limité au regard de la taille du bilan de -22 points de base sur le ratio Common Equity Tier 1(1) à fin 2013, sans incidence sur les ratios du groupe. Et le communiqué d’ajouter : «  Tests de résistance : solidité financière y compris sous stress sévère, ratios de capital très supérieurs aux exigences fixées dans le cadre de cet exercice – Scénario central : ratio Common Equity Tier 1(1) à 10,6 % – Scénario de stress sévère : ratio Common Equity Tier 1(1) à 8,1 % ».

Crédit Mutuel fait meilleure figure

Pour autant, parmi la grosse dizaine de banques françaises passées au crible, le Crédit Mutuel s’est montré le meilleur du lot, avec un ratio de solvabilité common equity tier one (CET1) à 12,91 %. Derrière lui la Banque Postale (9,14 %), le groupe Crédit Agricole (8,83 %), la Société Générale (8,15 %), BNP Paribas (8,07 %). BPCE affiche 7,00 %, HSBC France (6,6 %).

Selon Christian Noyer, le test de résistance confirme la capacité des banques françaises à résister à des chocs sévères puisque l’impact moyen s’élève à 231 points de base à l’horizon de fin 2016. Là encore, les banques françaises se situent dans les meilleures positions au sein de la zone euro pour laquelle l’impact moyen est de 300 points de base.(…). Et le Gouverneur de la Banque de France et Président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution d’ajouter : « L’évaluation des actifs, comme les tests de résistance, ont été réalisés en appliquant des méthodologies très précises, strictes et totalement encadrées par un travail de contrôle qualité particulièrement exigeant qui assure qu’une rigueur identique a été appliquée pour l’ensemble des banques de la zone euro. Mais cet exercice a été réalisé dans un cadre réglementaire, celui de CRD4/CRR qui offre un certain nombre de latitudes aux autorités nationales pendant une période de transition. La comparaison entre banques de pays différents peut donc être trompeuse ; certains pays ont par exemple décidé de déduire sans attendre des fonds propres CET1 les survaleurs comptabilisées à l’actif (les goodwills) alors que pour d’autres cette déduction est progressive et ne sera complète qu’en 2018. Il n’est donc pas inutile de regarder quelle serait l’incidence théorique d’une application immédiate de l’ensemble des traitements cibles. En fait, la France est un des pays dont la réglementation se rapproche d’ores et déjà le plus de ces traitements cibles avec une incidence moyenne de 20 bp contre environ 150 bp pour l’ensemble de la zone. »

Contribuables, êtes-vous à l’abri d’une mise à contribution

Si tout le monde semble satisfait, est-ce pour autant que la résistance de nos banques sera garantie en cas de forte crise ? Le contribuable n’est pas à l’abri d’une mise à contribution. Les précédentes conjonctures l’ont (dé)montré, malgré des tests rassurants. Dans ce cas, il est légitime de s’interroger : à quoi servent-ils ?

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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