Dans la panoplie des aléas auxquels sont confrontés les entreprises figurent le risque cyber. Comme le remarque le courtier, « à l’ère de la révolution digitale, il constitue un défi majeur pour toutes les entreprises. Pourtant peu d’entre elles sont aujourd’hui préparées à faire face à cette menace diffuse qui pèse sur l’intégrité de leurs systèmes d’information et la protection de leurs données. Alors que les grands groupes, et en particulier les sociétés cotées, ont dans leur ensemble engagé des mesures concrètes, la prise en compte des risques cybers par les ETI s’avère très contrastée. » pour mieux cerner leurs attentes et leur proposer des solutions adaptées à leurs besoins, Bessé et PwC France et Afrique francophone se sont associés pour mener une enquête spécifique sur les ETI. Les résultats sont édifiants et soulignent que 76 % de ces structures ont déjà subi une telle attaque. Il en appelle donc à organiser une cyber-résilience.

Selon pierre Bessé, PDG du cabinet éponyme, « Le risque cyber, lui, est singulier. Il appartient à une nouvelle génération de risques qui peut affecter l’entreprise dans sa globalité, dont la complexité est extrême et les caractéristiques diamétralement opposées à celles du risque industriel ».  principalement, l’enquête montre que les dirigeants des ETI sont sensibilisés et informés sur ces risques, des information glanées du fait de la forte médiatisation du sujet. Cependant les dirigeants interrogés ne sont pas parvenus à donner de définition précise à la notion de risque cyber. Ils ont toutefois conscience qu’il s’agit d’un risque d’une extrême complexité, de nature à s’amplifier.

Pour autant, ils ont une perception du risque et de son étendue relative, en ce qui concerne leurs propres entreprises. En dépit des attaques, ils ne se sentent pas toujours directement exposés.  Pour la grande majorité d’entre eux, la menace cyber est perçue comme une menace essentiellement externe (cybercriminalité) ; ils sous-estiment celle des concurrents ainsi que leurs vulnérabilités internes. Or, dans les faits, la menace interne est majeure. Ainsi, seuls 17% des incidents cyber sont imputables à des réseaux externes organisés. A l’inverse, 54% des sociétés françaises sondées témoignent que ces attaques proviennent d’employés actuels ou passés (les employés n’étant pas véritablement auteurs des attaques mais favorisant la propagation des malwares).

Qu’en est-il de la gestion de ce risque ? Elle n’est pas encore perçue comme stratégique mais bien comme technologique. Les dirigeants d’ETI délèguent souvent la gestion et la prévention des risques cyber à leurs DSI, équipes informatiques ou leurs sous-traitants, alors même que ce risque peut impacter et/ou paralyser l’entreprise dans son ensemble.

Les dirigeants reconnaissent qu’ils sont insuffisamment préparés pour affronter une crise cyber : 19 % d’entre eux déclarent ne pas avoir mis en place de stratégie de protection de l’information et seuls 39% affirment que leur entreprise sensibilise leurs collaborateurs en matière de Cybersécurité.

Si les dirigeants identifient les éventuels impacts opérationnels comme en termes d’image d’un événement cyber, ils ne disposent néanmoins pas d’une vision précise de ses conséquences financières potentielles.

L’assurance n’est pas encore perçue comme un outil de traitement efficace du risque cyber. La plupart des Dirigeants interviewés axent prioritairement leurs réflexions sur la prévention et repoussent l’étude de solutions d’assurance, faute d’avoir suffisamment identifié leur degré d’exposition à la menace cyber ainsi que les conséquences qui en découleraient.

« Si les dirigeants d’ETI et PME comprennent la cyber-menace, ces derniers ont encore du mal à traduire cette prise de conscience en actes. Elle doit être prise en compte au niveau stratégique et non se cantonner au niveau tactique comme c’est encore souvent le cas. Une fois que les ETI et PME ont bien cerné le cyber risque, se pose alors la question des compétences, des talents qui peuvent accompagner les entreprises. Au-delà des moyens financiers engagés, c’est véritablement sur l’humain que repose cet enjeu majeur pour les entreprises », explique Philippe Trouchaud, associé en charge de la cybersécurité chez PwC.

Pour Bessé et PwC, la posture rationnelle, voire parfois attentiste des dirigeants d’ETI, est compréhensible. Mais elle ne peut être pleinement efficace face à ce risque de nouvelle génération dont les spécificités singulières font qu’il serait vain de rechercher à en acquérir la pleine maitrise avant d’agir. L’objectif devrait plutôt être d’organiser la cyber résilience des ETI face à cette menace nouvelle d’une extraordinaire complexité.

Pour cela, il faut agir dès à présent et aller plus loin, plus concrètement, pour ensemble favoriser le partage d’expérience et de bonnes pratiques inter-entreprises, et, pourquoi pas aller jusqu’à la création d’un cluster cybersécurité dédié aux ETI ?

Les dirigeants d’ETI sont conscients de ce besoin de cyber résilience, créateur de valeur pour leurs entreprises. Bessé et PwC sont prêts à les accompagner.

« La maîtrise de la cybersécurité, constituera désormais une clé de confiance qu’un client pourra porter dans une entreprise. Le client sera soucieux de la pérennité de l’entreprise choisie mais surtout de sa capacité à gérer des données qui le concernent personnellement » précise Philippe Trouchaud.

Pour Pierre Bessé « il est indispensable d’innover en créant des modes de collaboration inter-entreprises, des solutions et des services nouveaux tant du point de vue de la prévention, de l’assurance, de la gestion de crise et du règlement du sinistre ».

La cybersécurité est l’un des enjeux majeurs du XXIème siècle et figure d’ores et déjà à l’agenda du gouvernement comme du législateur européen. Au mois de mai 2018, un règlement européen, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) imposera, à toutes les entreprises, des mesures pour protéger les données personnelles. Une meilleure gestion et prise en compte du risque cyber par les entreprises doit aujourd’hui plus que jamais constituer une priorité d’ordre stratégique.

Méthodologie : l’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 432 entreprises interrogées dans l’Hexagone et 50 témoignages de dirigeants d’ETI, présidents, directeurs généraux, membres des comités de directions.

 

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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