Selon une enquête de Towers Watson, malgré des résultats financiers en hausse et une performance boursière remarquable, les actionnaires n’émettent pas toujours des votes plus favorables qu’en 2014 sur les rémunérations des dirigeants.

Cette enquête montre que le taux d’approbation moyen de la résolution Say On Pay (SOP) par les actionnaires est passé de 92 % à 86 %, ce qui représente une forte baisse, comparé à  d’autres pays. Pour Tower Watson,  cela s’explique « par une sensibilité par rapport aux niveaux et aux variations de la rémunération des dirigeants lorsqu’elles manquent d’explication, et ce, quel que soit la performance de l’entreprise dirigée. A cela il faut ajouter  les exigences plus fortes des agences de conseil en vote davantage suivies et une position intransigeante de l’État actionnaire. »

Dans l’Hexagone, s’il n’y a pas eu de résolution SOP rejetée, la baisse observée « est à mettre en regard de celles plus limitées d’autres pays européens et de la stabilité en Amérique du Nord, alors que la rémunération des dirigeants y est tout aussi scrutée que dans l’Hexagone.

D’autre part, les analyses conduites par Towers Watson dégagent « peu de corrélation statistiquement significative entre le degré d’approbation du SOP et l’évolution de tel ou tel indicateur économique de performance de l’entreprise, de la croissance à la rentabilité opérationnelle, du cash-flow aux divers ratios de rendement. »  Il ressort que les votes ont été plutôt défavorables sur les cas de rémunération directe élevée. En revanche, l’étude montre aussi « qu’un niveau bas de rémunération n’assure pas nécessairement des votes favorables. La variation de la rémunération d’une année sur l’autre semble plus déterminante pour les votes, surtout lorsqu’elle est insuffisamment expliquée et commentée. Et parmi les composantes de la rémunération, ce sont les augmentations de la part variable annuelle qui font le plus réagir les actionnaires. La performance boursière quant à elle ne met pas non plus à l’abri de votes défavorables de la part des actionnaires, ce qui est relativement surprenant de prime abord. »

Après analyse approfondie, il ressort que « les votes sont particulièrement négatifs lorsqu’une forte progression du cours de bourse de l’action donne lieu à une augmentation qui apparaitrait comme « disproportionnée » de la rémunération du dirigeant. »

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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