Depuis le temps que la potentielle montée en puissance des GAFA dans les banques et les assurances de ce côté-ci de l’Atlantique fait peur. Leurs faits et gestes sont épiés et analysés. Des réactions qui ont fini par créer un environnement de psychose sur les marchés concernés. Cela pouvait aller sans dire mais l’on doit constater que cette psychose crée du stress et une peur bleue opérationnelle, le genre qui tétanise et empêche d’avancer. Pourtant, la première incursion de Google dans l’assurance à travers le lancement d’un comparateur n’avait duré que quelques semaines. Et le mastodonte, faute de résultats, on va dire, avait plié bagages et s’en était retiré comme il était arrivé : sur la pointe des pieds ! Sans crier gare. Au lieu que cet épiphénomène serve de galop d’essai d’un marché émaillé de nouveaux entrants composés de Fintech et autres concurrents de tout poil, il a fait peur, on s’en doutait, mais sans plus : le marché n’a même pas émis de spasme. Quelques articles alarmants comme d’habitude et puis plus rien, en attendant  la prochaine « gafa-offensive » .

Elle est arrivée, certes dans la grande famille, mais dans les banques. Cette fois-ci, point de Google à la manœuvre, mais un acteur plus sérieux, que ce soit en innovation comme en cotation boursière. Je vous le livre tout de go, Apple, rien que ça ! c’est du sérieux, du lourd, comme l’on dit aujourd’hui ! l’opérateur investit la fonction jusque-là régalienne du paiement à travers l’annonce, le 25 mars dernier d’une carte de crédit émise par Mastercard et Goldman Sachs, sur le marché américain. Pour fragiliser les banques traditionnelles, cette carte s’accompagne de conditions avantageuses. Elle est exploitable sans frais ; les taux de change ou d’agios restent offerts au client, le taux d’intérêt peuvent évoluer en fonction de l’utilisateur dans l’application qui serait disponible dans un environnement IOS dans lequel seront disponibles les données de

Les banques françaises craignaient de voir arriver Apple sur leur terrain depuis le lancement mondial d’Apple Pay, il y a quatre ans. La dernière annonce d’Apple, le 25 mars, ne va pas les rassurer. En effet, lors d’un événement dédié au lancement de nouveaux services, Apple a annoncé qu’il lancerait cet été sur le marché américain une carte de crédit émise par Mastercard et Goldman Sachs. Le tout sans frais, y compris sur les taux de change ou d’agios, et avec un taux d’intérêt que l’utilisateur peut faire varier en fonction de ses besoins (directement à partir de l’application). Les clients américains pourront avoir cette carte en s’enrôlant directement dans le wallet de leur appareil sous iOS. L’Apple Card utilisera toutes les fonctionnalités d’iOS pour apporter des informations sur ses dépenses à son porteur. La version virtuelle sera disponible dans le Wallet et en prime, elle permettra l’utilisation de Daily Cash. Aujourd’hui, c’est une offensive sur le terrain des banques qui devrait donner des idées aux concurrents d’Apple et à aux néobanques. Bien sûr, il faudra attendre quelque temps pour savoir quelle est la taille de la brèche qui existe bel et bien dans le coeur de métier bancaire. Les banques, qui ont taillé des croupières aux assurances dans leur métier de base deviennent à leur tour des proies dans cette drôle de chaîne alimentaire qui profite avant tout au consommateur grâce à une offre plurielle et mois chère. Ils héritent en même temps du mode de vie américain. C’est moins glorieux pour la vieille Europe dans ce dernier cas.     

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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