Actée notamment pour les marchandises et parfois les seconds couteaux, la mondialisation touche de plus en plus le top management des entreprises du secteur financier. En France, l’assurance est l’un des secteurs à montrer le chemin. La victoire du Brexit pourrait-elle rétrécir ce boulevard naissant ?

L’internationalisation des entreprises est désormais un fait. Allianz, AXA, Generali, BNP Paribas et autre Société Générale ont pignon sur rue un peu partout en Europe et en dehors du Vieux continent. Mais pendant longtemps, l’identité du top manager était souvent alignée sur celle de l’origine de l’entreprise. La roue semble de plus en plus tourner. Pas forcément à vive allure, mais le mouvement est amorcé. Et de quelle manière !

Des exemples ? Un Allemand vient d’être préféré à un Français à la tête du groupe AXA alors que des prétendants légitimes, du fait de leurs compétences et de leurs performances opérationnelles, ne les ont pas … qualifiés ! Chez le géant de Trieste, les rênes sont désormais tenues par un Français. Chez Allianz, le marketing et la distribution, fonctions-clés s’il en est, sont dirigées par un compatriote. En fait, coup sur coup, l’assurance décide de jouer la diversification positive. Et ouvre la porte d’une nouvelle ère marquée par des groupes réellement internationaux et une culture qui va avec.

Car en nommant un étranger à la tête d’une entreprise française, américaine ou anglaise, le top management célèbre son réel caractère international. Ironie du sort, c’est à ce moment que le chantre de l’internationalisation, en l’occurrence la City, sort de l’Union Européenne (UE). Les groupes internationaux auront-ils l’intelligence de placer des Anglais à la tête de leurs mastodontes ?  Ils devraient.

Quoi qu’il en soit, la dynamique est là. Elle ne pourrait que profiter à chaque entreprise internationale, chacune ayant tout intérêt à bâtir une culture d’entreprise internationale. Et la meilleure manière d’y arriver passe notamment par la mobilité des hommes et leur affectation dans des terra incognita qui ne le sont pas réellement, les pratiques opérationnelles devant être identiques au sein d’un groupe, tout comme son esprit.

Cela peut paraître anodin pour d’aucuns. Mais à bien y regarder, partager le même esprit et des pratiques identiques constitue indubitablement un premier pas vers l’efficacité et la réactivité opérationnelles, au-delà des frontières.  Cela l’est d’autant plus important dans la finance de grands groupes qui accompagnent souvent des mastodontes dans le cadre de programmes internationaux. Face à eux des interlocuteurs issus d’un même groupe mais de nationalités différentes sont les garants d’une meilleure interaction.

Sans le vouloir, ces entreprises qui œuvrent pour l’internationalisation intelligente posent les bases d’une meilleure intégration dans notre désormais village planétaire. Sans doute une belle réponse aux tenant du Brexit qui, assurément, ont gagné le droit de la tyrannie majoritaire. Souffrez, amis du Remain, vous pourrez appliquer vos idées d’ouverture et de synergie au sein d’entreprises internationales.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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