Ne pouvant invoquer l’argument des catastrophes naturelles qui leur avait permis d’augmenter sensiblement leurs prix en 2011, les réassureurs se rabattent cette année sur le contexte économico-financier pour réclamer au moins le maintien de leurs tarifs en 2013.

Initiés en 1957, les Rendez-vous de septembre réunissent chaque année à Monte-Carlo le gotha de la profession (assureurs, réassureurs, courtiers, agences de notation…) et marquent le coup d’envoi des négociations tarifaires pour les renouvellements de traités intervenants le 1er janvier de l’année suivante.

Les Rendez-vous de cette année (8-13 septembre) ne dérogent par à la tradition qui veut que ce sont les agences de notation (Fitch, Standard & Poor’s et Moody’s et AM Best) qui ouvrent le bal des conférences. Or, invoquant une année 2012 plutôt clémente en termes d’événements climatiques majeurs, ces dernières se sont toutes accordées pour prévoir un ralentissement des prix de la réassurance en 2013. Outre une discipline commune aux grands acteurs du secteur, les réassureurs ont pu s’appuyer en 2012 sur les catastrophes naturelles survenues en 2011 pour augmenter sensiblement leurs tarifs dans les régions affectées. Toutefois, comme le souligne Kevin Lee, Senior Credit Officer chez Moody’s, malgré la lourde facture des événements de 2011, les réassureurs ont réussi à reconstituer très rapidement leurs capacités au point d’afficher des niveaux de fonds propres supérieurs à ceux de 2010. De plus, ces capacités se sont accrues avec l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché. Les assureurs directs ont certes augmenté leur demande de réassurance, notamment dans la perspective de l’entrée en vigueur de Solvabilité 2, mais sans compenser la surcapacité du marché, d’autant plus que 2012 n’a pas connu jusqu’à présent d’événement climatique majeur.

Pour enrayer la menace que fait peser sur les prix cet excès de l’offre par rapport à la demande et faute de pouvoir agiter l’argument des catastrophes naturelles, les réassureurs tentent d’imposer le maintien de leurs tarifs en invoquant le contexte économico-financier. En effet, les dirigeants des principaux groupes du secteur n’ont pas manqué l’occasion pour dresser un tableau plutôt sombre de la situation (volatilité des marchés financiers, fort ralentissement de la croissance économique, crise des dettes souveraines…). Ils déplorent surtout le contexte de taux d’intérêt historiquement bas, qui pèse sur les rendements de leurs actifs financiers. « L’environnement économique et financier incertain pose de sérieux défis aux assureurs et réassureurs, et la faiblesse des taux d’intérêt met à mal notre modèle économique », souligne Torsten Jeworrek, directeur général en charge de la réassurance chez Munich Re. « Nous souffrons de la faiblesse des rendements de nos actifs et nous sommes des victimes collatérales du sauvetage du secteur bancaire et de la politique des banques centrales », renchérit Denis Kessler, PDG du groupe Scor.

Au total, à moins d’un événement climatique majeur au point de bouleverser fondamentalement la donne, les réassureurs semblent se résigner à une stabilité des tarifs pour l’année prochaine.

Mohamed Fadili ©CAPA Conseil

Crédit : FreeDigitalPhoto.net

 

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