L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) vient de rendre son rapport sur la consommation des médicaments génériques en France. Dans ce document, elle invite les Pouvoirs publics à prendre de nouvelles mesures pour doper la prise de ces molécules. Cela passe par une baisse des prix des génériques et une remise à plat de leur fabrication dans le but de sécuriser la chaîne afin de plus permettre la remise en cause de leur efficacité et de combattre la méfiance des patients.

Le marché des médicaments génériques a commencé à montrer des signes d’essoufflement en 2008. En 2011, il a même connu un recul de 3 % en volume. Alors que ces molécules participent à la maîtrise des dépenses de santé tant pour l’Assurance maladie que pour les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM). Selon le rapport de l’Igas, la baisse de consommation de ces médicaments est due à plusieurs facteurs. Elle préconise donc de se pencher sur ces derniers pour inverser la tendance et livre des pistes pour favoriser leur développement.

L’Igas a identifié plusieurs freins au développement des génériques auxquels les Pouvoirs publics devront trouver des réponses. Elle remet en cause le poids important des primo prescriptions hospitalières qui, pour la plupart d’entre elles, ordonnent des médicaments récents et onéreux. Elle désigne également certains médecins ou leaders d’opinion qui, lors de déclarations, remettent en cause l’efficacité et la qualité des génériques. Des dires repris par les médias sans apporter la preuve de la véracité ou non du discours, installant ainsi un sentiment d’insécurité auprès des patients quant à la prise de ces molécules. Pour finir, les laboratoires ont mis en place une stratégie visant à empêcher le développement des génériques par la création de fausses innovations dites « me too ». Il s’agit de nouveaux médicaments de marque, donc non substituables même s’ils n’apportent pas plus que les princeps qu’ils doivent remplacer.

Concernant le développement du marché des génériques, l’Igas propose de baisser leurs prix ; d’inciter les médecins à leur prescription par les mises en place d’un système bonus/malus et de logiciels d’aide à la prescription (équipement obligatoire) et les pharmaciens à les proposer systématiquement (pas déjà franchi par l’Assurance maladie à l’été 2012). Concernant la sécurité de ces molécules, l’Igas propose de relocaliser les matières premières à usage pharmaceutique tant pour les génériques que pour les princeps ; de renforcer les inspections des fabricants situés dans les pays tiers, des centres réalisant les études de bioéquivalence et des exploitants de médicaments génériques.

Florence Pedroni ©CAPA Conseil

Crédit : FreeDigitalPhoto.net

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