1187929_27132840Selon une étude de la Bundesbank, contrairement aux idées reçues, les Français ont un patrimoine plus important que celui de leurs voisins d’outre-Rhin. Pour les uns, il s’élève en moyenne à 229 000 euros par ménage et, pour les autres, à 195 000 euros. Plus surprenant, celui des Espagnols est encore plus élevé, à savoir 296 000 euros.

Les clichés tombent. Le commun des mortels européen considère le consommateur allemand largement plus riche que son voisin immédiat français et ses autres alter ego de l’Union européenne. Pourtant, une étude de la Bundesbank tend à prouver le contraire, mettant les Espagnols en tête des ménages ayant l’un des patrimoines les plus élevés (286 000 euros), loin devant la France (229 000 euros), cette dernière devançant l’Allemagne (229 000 euros). Cet écart s’accentue quand on prend le patrimoine médian. En Allemagne, ce montant s’élève à 51 000 euros contre 114 000 euros en France ; il est de 164 000 euros en Italie et atteint 178 000 euros en Espagne.

Comment expliquer ces chiffres quand on sait que les Allemands ont en général des revenus plus élevés en Europe que les autres pays alentours ?
Selon cette enquête du géant de la banque allemande, une des distorsions provient du fait que les ménages allemands acquièrent relativement moins de biens immobiliers. Ainsi, là où 83 % des familles espagnoles sont propriétaires de leur résidence principale, 68 % le sont en Italie, 58 % en France et seulement 44 % en Allemagne.

L’enquête de la Bundesbank va plus loin en mettant à nu d’importantes inégalités géographiques de l’autre côté du Rhin. Ainsi, les citoyens installés à l’ouest de l’Allemagne, qui correspond au territoire de l’ancienne République Fédérale d’Allemagne (RFA) ont un patrimoine trois plus important que celui de leurs concitoyens du bassin de vie de l’ex-RDA, ce malgré la présence de la capitale du pays, en l’occurrence Berlin, sur ce territoire.

A l’heure où les allemands considèrent qu’ils travaillent pour payer pour les autres Européens, cette étude risque de les conforter dans cette idée. Même si la tendance de fond est à conserver, force est de constater que ces données gagneraient à être nuancées. Car certains paramètres ne sont pas pris en compte dans ce calcul. C’est le cas des  droits de retraite non comptabilisés. Et puis, paraît-il, les années de référence ne sont pas les mêmes, d’un pays à un autre.  Les statistiques françaises prises en compte dans ce calcul seraient celle de l’Insee produite en 2012 quand celles considérées par la Bundesbank seraient issues d’une étude de 2010 tandis que ceux de l’Espagne remontent à 2008. Entre temps, beaucoup de paramètres ont changé. C’est le cas du prix de la pierre, qui a fortement chuté au-delà des Pyrénées.

Quoi qu’il en soit, la crise qui frappe le vieux Continent devrait certainement modifier le classement des patrimoines des principaux pays.

Photo: FreeDigitalPhoto.net  

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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