Son lancement a tenu le haut du pavé. Et créé l’événement. Entre-temps, l’enthousiasme et l’ardeur du début auraient-ils disparu ? En tout cas, les prévisions de vente ne semblent pas être en ligne avec la réalité de terrain.

Elle était attendue, telle la mariée, dans sa robe blanche. Après avoir fait le buzz, l’Apple Watch serait-elle dans la nasse et dormirait-elle sur ses lauriers ? Le temps des premières épreuves de terrains est arrivé. Chiffres à l’appui, les analystes évoquent déjà un hiatus entre les prévisions et les ventes. Souvenez-vous, on nous avait parlé d’écouler 26 millions de ces montres high-tech rien que pendant la première année. Un tabac, sur le papier. Mais à l’épreuve des faits, les résultats sont tout autre. Car en dehors des records affichés lors de l’ouverture des préventes et du lancement de cet objet connecté dans différents pays, le trend est plutôt moribond.

Selon le cabinet Slice Intelligence, 30 000 commandes en la matière sont enregistrées chaque jour. Ce qui ne devrait pas faire l’affaire des 26 millions de montres prévues. On devrait franchement être loin du compte. Comment y remédier ? L’une des pistes souvent avancées est celle de l’ouverture des ventes de la fameuse montre dans les magasins. Car les commandes sur le Net et les délais d’attentes sur le terrain constituent autant de points faibles que la firme devra gérer comme lourdeur, face à des concurrents déjà rodés. Car ne l’oublions pas, ce marché des montres connectées est déjà dominé par de multiples acteurs de l’industrie parmi lesquels le plus farouche des ennemis d’Apple, en l’occurrence Samsung. Ce chef de file a le mérite d’être arrivé sur ce terrain longtemps avant son concurrent historique. Comme Sony, l’autre  protagoniste, il entend profiter pleinement de la prime du premier venu sur un marché où il faut sans cesse se renouveler pour conforter son assise.

Au-delà de cette remarque, le point critique n’est pas forcément celui de la vente de ces objets mais plutôt celui des services et des données associées. Car chacun des intervenants entend engranger une grande volumétrie de cette mine d’or sans laquelle les assurances et les banques ne seraient rien. Au point de les concurrencer directement dans la vente d’assurance et/ou de produits bancaires ? Rien n’est exclu à ce jour, la vérité pouvant surgir de partout. Google avait gesticulé avec son premier comparateur d’assurance qui avait enregistré un flop éloquent en France. Mais il pourrait revenir à tout moment. En d’autres termes, un échec quel qu’il soit, ne devrait pas arrêter ces monstres nommés GAFA, quoique ! les Google Glass ronronnent, faute d’avoir ouvert les yeux à des applications sérieuses sur le terrain. En fait, un éventuel revers de la montre Apple ne signerait pas son arrêt de mort. Les données personnelles récupérées valant de l’or dans le modèle global du fournisseur et de ses concurrents. L’Apple Watch aurait-elle le temps de résister ? La question n’est pas là mais plutôt de savoir si elle pourrait être source de captation de masses volumineuses de données.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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