Emmanuel MayegaMais non ! Si vous avez un tantinet pensé à la valorisation boursière d’Apple, vous n’y êtes pas. Mais alors pas du tout. La firme à la pomme affiche, en la matière, près de 500 Mds de dollars. Et dispute la première place avec un grand de l’Or noir. En revanche, les 25 milliards qu’elle affichait ostensiblement la semaine dernière, le 03 mars 2012, plus précisément, portent sur le nombre de téléchargements enregistrés par sa boutique en ligne.

Oui, l’Apple Store a déjà distribué autant de copies d’applications. Phénoménal quand on sait qu’en janvier 2011, cet espace totalisait 10 milliards de commandes, chiffre porté à 15 milliards, un semestre plus tard. La concurrente directe de ce magasin virtuel, en l’occurrence Android Market, est à la traîne, toute chose étant relative par ailleurs. En décembre 2011,elle affichait le record réalisé par son Sparing partner au début de cette année-là. Devant un tel succès, le respect s’impose. Apple est une véritable Success Story comme on aimerait en avoir tout au long d’une vie. Reste que la firme américaine bâtit son empire à contre-courant de l’ouverture des systèmes d’information. Dans un univers où Internet balaie et revisite tout avec pour paradigme l’interopérabilité, la firme Apple rame, façon de parler, à contre-courant. Elle impose son modèle au point de contenir techniquement ses clients. Là où ses concurrents la jouent collectif, elle préfère faire cavalier seul, dans sa bulle. La sanction du marché est tombée, à coup de milliards de chiffre d’affaires. Une véritable célébration. A la place de ses dirigeants, tout manager ferait pareil. On ne change pas une équipe et une formule qui gagnent, dit le sens commun. Et il a souvent raison. Tant que les clients continueront de se satisfaire de ce modèle propriétaire, le show continuera, avec en toile de fond du téléchargement à tout va et la laisse technologique comme ficelle de fidélité.

Entendons-nous bien, loin de moi la volonté de remettre en cause la créativité artistique, technologique et ergonomique de ce géant dont je suis malgré moi client. Je porte ici le débat sur le terrain du partage et de l’interopérabilité. A force de s’enferrer dans son monde, la firme à la pomme peut-elle jouer la carte du consumérisme à plein tube au sein des entreprises ? Dans la banque et l’assurance, où les applications mobiles se multiplient sous iOS et Android, la question se pose comme dans d’autres secteurs. Pendant longtemps ; car je doute que la réussite d’Apple la pousse à un peu d’humilité. On connaît la force conseillère du nerf de la guerre.

Enfin, sans présager de cet avenir, le concepteur de l’iPhone devrait renforcer sa présence sur ses marchés, même si Android réduit l’écart qui les sépare. Nous devrions donc compter avec Apple sur le marché de la M-Assurance comme sur celui du M-Banking. La facilité d’utilisation de ses composants joue ici comme argument de vente. L’interopérabilité en moins.

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

La rédaction
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