Il était temps ! Pourrait-on dire ! Car depuis la première expérimentation de Nouméa (1985, autant que je me souvienne), en matière de télémédecine, que de projets sans lendemain. La littérature et les plans gouvernementaux n’ont pas fait défaut ! Chacun y allant de son modèle, sa vision, bref de son regard sur cette pratique de médecine à distance qui renoue le lien avec le patient. « Et rompt l’isolement », comme dirait, Ghislaine Alajoinine. Fervente defenseure de cette pratique qui hisse la technologie au cœur de la prise en charge du patient, elle était presque désespérée de la voir prendre l’eau alors que la technologie n’attend que la volonté politique pour la galvaniser dans un pays où le numérus clausus limite drastiquement le nombre de praticiens médicaux et que les déserts médicaux de multiplient (est-ce pour cela qu’il sera revu par les pouvoirs publics ? Mystère et boule de gomme !) En tous les cas, le hasard fait bien les choses et fait coïncider la montée en puissance de la télémedecine avec cette libéralisation de l’accès à la formation des médecins. Quoi qu’il en soit, en obtenant le droit d’ouvrir des structures de téléconsultation (elle est entrée dans le droit commun de la sécurité sociale le 15 août dernier, date à laquelle elle s’engage à rembourser les téléconsulations médicales). Au-delà de visioconférence, la télémédecine sa variante, propose traçabilité, sécurité et intégration avec le dossier patient. En y ayant recours, les assureurs, cabinets médicaux et autres hôpitaux vont peut-être contribuer à lever le dernier verrou qui limitait la télémédecine dans l’Hexagone.

Certes, il y a encore beaucoup d’écart à combler avec nos voisins, mais ne boudons pas notre plaisir, elle est là, cette pratique tant attendue et qui promet de décloisonner la médecine, au grand bien des patients. Et des industriels de la première heure qui ont juste eu tort de croire aux projets mort-nés en la matière. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ; le tissu industriel regorge d’offres porte-parole de la maturité du secteur. LogMeIn, par exemple, qui revendique plusieurs clients déjà équipés de sa solution estime « que cette bonne nouvelle ne doit pas nous faire oublier la nécessité de moderniser la médecine générale, sachant que les médecins devront surtout être équipés de solutions sûres et sécurisées. Il en revient par exemple à des organisations telles que le Conseil National de l’Ordre des Médecins de se pencher sur cette question et de voir quelles solutions peuvent être utilisées pour prémunir les patients de mésaventures et garantir que leurs données sont sécurisées à tout prix. (carte Vitalité, CPS pour les professionnels et voilà le vieux débat féru d’immobilisme qui reprend du poil de la bête ! espérons que non). Car, les hackers eux ne polémiquent pas et sont à la recherche de données médicales qui peuvent valoir de l’or. Cela n’est pas nouveau. On se souvient encore du piratage des données médicales de 8 millions de patients dans l’état de Virginie aux États-Unis en 2009. Une décennie après, les hackers sont devenus de véritables professionnels qui créent des empires financiers grâce aux données récoltées et le RGPD est prêt à réagir en cas de besoin », observe Sébastien Feltrin, Major Account Executive France. Et d’ajouter : « notre solution GoToMeeting respecte la vie privée de ses utilisateurs. Nos critères de sécurité sont également capables de prévenir des fraudes et autres intrusions pouvant être préjudiciables pour la confidentialité des données. Enfin, nous appliquons les directives de la Commission européenne sur le RGPD ».

En définitive, nous voilà presque malgré nous, derniers des Mohicans, face à une pratique presqu’aussi vieille que la technologie. En dernier de la classe, capitalisons sur les erreurs de ceux qui ont essuyé les plâtres pour mieux faire face à cette fin, Thibault Behaghel, spécialiste produits EMEA LastPass, a son idée : « De véritables conseils doivent aussi être donnés aux patients par les médecins pour que leurs données soient en sécurité. Des règles simples peuvent être appliquées comme l’authentification multifactorielle par exemple pour l’identification. Et l’un des points les plus importants est bien sûr de redoubler d’attention quant au hameçonnage des courriels, permettant aux hackers d’obtenir des informations personnelles dans le but de perpétrer des usurpations d’identité et vols de données personnelles à leur avantage ». Ainsi, nous pourrions nous dire que rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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