Les Sages ont rendu leur rapport sur les comptes annuels de la Sécurité Sociale. Outre un déficit de 6 milliards prévu en 2014 (sans recette ou économies nouvelles), ils mettent à l’index les dépenses relatives à l’optique, un poste pour lequel l’Assurance maladie ne couvre plus que 2 % des frais.

Chaque année, on se demande quel thème les Sages de la Cour des comptes vont mettre à l’index. Cette fois-ci, l’optique et les dépenses associées en prennent pour leur grade. Du fait d’un désengagement massif de l’Etat, les familles de l’assurance complémentaire (Compagnies, mutuelles et autres groupes de protection sociale) ont du mettre en place des forfaits optiques en vue d’en maîtriser les coûts face à des opticiens qui entendent surfer sur cette vague pour proposer des tarifs inflationnistes mais couvrant l’intégralité de leur forfait optique.

Dans un tel contexte, les Sages constatent que les Français sont devenus les citoyens qui paient le plus pour leurs lunettes que les consommateurs des autres pays européens. Comment y remédier ? La Cour des Comptes suggère la création de plafonds de remboursements et des fréquences de renouvellement de lunettes.

Cette intervention vient donner du grain à moudre à la Mutualité française qui ne cesse de dénoncer cette situation et insiste sur la nécessité de mettre sur pied des réseaux mutualistes s’engageant sur des modérations tarifaires.

Sans attendre cette réaction, qui va jusqu’à suggérer un retrait de la sécu de l’optique corrective, des acteurs comme Kalivia ont déjà mis en place un réseau de modération. L’opérateur a ainsi vu le jour en 2010. Bien entendu, la réaction de la Cour des Comptes a été l’occasion pour cette structure chapeautée par Malakoff Médéric et Harmonie Mutuelle de rappeler les atouts de leur création : « Ce réseau, qui compte déjà plus de 4 000 opticiens partenaires, a été mis en place pour permettre aux assurés d’avoir accès à des équipements de qualité, à des tarifs nettement inférieurs aux prix moyens du marché. En optique, l’économie moyenne atteint 40 % sur les verres et 15 % sur les montures. Le reste à charge pour les assurés diminue donc considérablement. Et les opticiens membres du réseau pratiquant obligatoirement le tiers payant, les assurés n’ont pas à avancer de frais pour leurs équipements ».

Au cœur de ce dispositif, les professionnels de santé s’engagent à satisfaire des exigences qualité strictes. Ces engagements portent notamment sur la qualification des professionnels (nombre d’opticiens diplômés par point de vente), l’équipement de la boutique (espace basse vision pour les malvoyants), la traçabilité des produits (marquage CE, provenance, certificat d’authenticité…).

Du reste, cette innovation dans l’optique a été élargie, en mai 2012, à une autre branche du tiers-payant complexe, en l’occurrence l’audioprothèse. Kalivia audio a ainsi vu le jour. Il s’agit d’un réseau, permettant de rendre plus accessible les aides auditives aux assurés de ces deux porteurs de risques.

 

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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