Le marché français du e-commerce devrait dépasser la barre des 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 selon la Fevad. Du coup, les entreprises sont confrontées à un nouveau phénomène, celui de salariés qui se font désormais livrer leurs colis personnels sur leur lieu de travail. Selon cette étude, plus de 4 millions de salariés français se sont déjà fait livrer au bureau. Et 95% des salariés travaillant dans des locaux physiques (hors nomade et autre) commandent des colis sur des sites de e-commerce, dont 57 % au moins une fois par mois. Parmi eux, 28% se sont déjà fait livrer ces achats sur leur lieu de travail. Un chiffre qui monte à 33% pour les 18-24 ans, 35% pour ceux qui habitent dans l’agglomération parisienne, 38% pour les CSP+ et jusqu’à 42% parmi ceux qui commandent au moins une fois par semaine.          

Comme le constate Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, « l’étude que nous avons menée pour BNP Paribas Real Estate illustre parfaitement le phénomène d’effacement des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle et le nouveau regard qu’ont les salariés – notamment les jeunes – sur le lieu de travail. Avec 45% des salariés qui trouvent intéressant de se faire livrer des colis au bureau, on peut facilement anticiper un développement important de cette pratique dans les années à venir, ce qui doit interroger les entreprises sur leur capacité à gérer ces nouveaux flux. » D’ailleurs, déjà 21% des salariés prévoient de se faire livrer des colis personnels sur leur lieu de travail à l’occasion des fêtes de Noël, un chiffre encore loin d’être majoritaire mais qui représente tout de même un potentiel de 5,3 millions de salariés. Parmi eux, ceux qui se font déjà livrer sur leur lieu de travail sont 60% à prévoir de recevoir leurs achats au bureau à l’occasion des fêtes de fin d’année.

De fait, 37% des salariés interrogés expriment des attentes sur l’amélioration de la politique/capacité de leur entreprise à réceptionner des colis personnels, un chiffre qui monte à 60% pour les salariés se faisant déjà livrer au bureau.  

Pour Csongor Csukas, président de BNP Paribas Real Estate Property Management France, « la bonne gestion de la réception de colis personnels sur le lieu de travail est un enjeu à la fois d’attractivité pour l’entreprise et de productivité pour le salarié. L’interdiction de cette pratique ne ferait que générer des frustrations tandis que le laisser-faire comporte son lot de risques, notamment sur la responsabilité en cas de perte ou de casse des colis réceptionnés par l’entreprise pour le compte de ses salariés. Pour accompagner nos clients dans ces transformations, nous avons par exemple intégré dans notre offre de conciergerie DIING la réception de colis sur le lieu de travail à travers des casiers dédiés, sans intervention directe de l’entreprise. Cette solution sera d’ailleurs installée prochainement au siège de BNP Paribas Real Estate à Issy-les-Moulineaux ».

 Il est d’autant plus important pour les entreprises de répondre aux attentes de leurs salariés en la matière que les freins perçus à la livraison de colis sur le lieu de travail ne suffisent pas à limiter réellement cette pratique, comme l’illustrent les 30% de salariés se faisant livrer sur leur lieu de travail malgré une interdiction de leur entreprise.      

Peut-être plus inattendu, la livraison sur le lieu de travail peut aussi être une solution face aux problématiques de la logistique urbaine et du fameux « dernier kilomètre » dans un contexte où le nombre de colis livrés chaque jour dans les centres urbains explosent : l’an dernier, La Poste a livré près de 50 000 colis par jour rien qu’à Paris selon l’Apur. Et la Fevad anticipe plus de 20 milliards d’euros de dépenses en ligne pour Noël cette année.

Le dernier mot revient à Mike Haziza, directeur Conseil en Logistique et Supply Chain chez BNP Paribas Real Estate : « tout le monde aurait à gagner à favoriser les livraisons sur le lieu de travail, les transporteurs du dernier kilomètre optimisant leurs tournées par la réduction du nombre d’adresses différentes livrées et la diminution des relivraisons pour absence. Ce serait une source substantielle d’économies de transport pour les e-commerçants dont bénéficieraient les consommateurs in fine. Ce phénomène de consolidation des points de livraison contribuerait également à réduire la congestion routière dans les agglomérations et à améliorer l’empreinte environnementale par colis livré. Tandis que de plus en plus de collectivités locales réfléchissent à la façon de réduire l’impact de l’explosion des livraisons en ville, cette option de l’entreprise comme micro-hub de logistique urbaine mérite qu’on s’y attarde sérieusement. »

Méthodologie :

Cette enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1348 salariés, représentatif des salariés français âgés de 18 ans et plus. Cet échantillon a été constitué à partir d’un échantillon de 2530 personnes, représentatif de de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon de départ a été assurée par la méthode des quotas (âge, profession de la personne interviewée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto administré en ligne du 14 au 20 novembre 2019.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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