Elles ont souvent été accélérées par les entreprises traditionnelles. Pourtant, à l’arrivée, elles sont celles-là même qui ont montré leur capacité à soutenir ces bailleurs de fond. Au point que leur potentiel s’est mis à inquiéter la main nourricière qui les soutient. Plusieurs études ont ainsi démontré que les start-up, surtout celles de la finance, en l’occurrence les fintech voire les Insurtech, font de plus en plus peur aux entreprises classiques. Au point que leurs relations en pâtissent. Est-ce pour cela que le nombre de deals entre les deux mondes financiers aurait baissé à l’instar du volume financier mobilisé qui pourtant a été longtemps flamboyant mais prend le chemin du feu de paille ?

En tout cas, si l’on s’en tient au dernier baromètre de KPMG, qui passe trimestriellement au crible la santé de ce jeune secteur en puissance, l’heure n’est plus à la grande opulence et à des indicateurs de développement à plusieurs chiffres. Décidément, ces start-up-là ne font jamais rien comme les entreprises traditionnelles : elles flambent et semblent rechuter au moment où on ne les attend pas, c’est-à-dire quand tout semble bien aller. Souvenez-vous de la bulle qu’avait créée la Nouvelle économie, un retour de bâton dont se remémorent les acteurs de la fin des années 80, qui durent affronter les pires déconvenues de l’époque, du fait de la tension sur les fonds d’amorçage devenus progressivement rares pour finir par tarir.

“Plus aisé d’engranger des taux élevés quand on démarre”

Mais, faut-il le rappeler, il est plus facile d’engranger des indicateurs glorieux quand on démarre que lorsqu’on a déjà pignon sur rue.

Est-ce suffisant pour expliquer ce premier dévissage ? Il va bien falloir retrouver une explication si le nombre de deals cesse de fondre comme neige au soleil ! Soit la peur de nourrir un partenaire qui finirait par mordre sa main, soit le trop plein de ces jeunes pousses invite à plus de modestie les bailleurs de fonds par cette période ? Entre les deux, La réponse certainement. Elle est nécessaire pour accompagner un secteur dynamique au plan des idées et innovations. Au point de devenir quasi-incontournables pour le marché des finances.

Car les start-up ont montré leur capacité à créer/susciter de la disruption dans la banque et la finance qu’elles sont presque devenues incontournables. Elles tirent l’innovation par le haut dans le secteur. Ce serait dommage de s’en passer alors même que La digitalisation reste, quoi que l’on dise, un levier pour la finance et l’assurance. Cette dernière semble l’avoir compris, qui au milieu de cette baisse annoncée, semble se sortir par le haut, en nombre de deals, selon KPMG.

Quoi qu’il en soit, gageons qu’il s’agit juste d’un recul de circonstance pour mieux sauter. Et que les prochains constats de kPMG viendront dissiper le soupçon d’inquiétudes que les jeunes pousses ont rencontré ces derniers temps. Des inquiétudes qui les transforment en structures comme les autres, en proie aux fluctuations de l’économie actuelle qui finira par les transfigurer en valeurs sûres, loin des maladies infantiles (dont le manque de financement) qu’aucune banque ne saurait financer et aucun porteur de risques ne voudrait assurer. Embêtant.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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