Elles s’appellent Femen là-bas, féministes ici, femme partout. Ou presque. Des décennies après les premiers mouvements de la plus belle conquête de l’Homme au sens noble de l’expression, elles subissent toujours. Des preuves ? Elles courent les rues, comme ces femmes que l’on traîne à même le sol telles des serpillères au sens propre et figuré.

Je sais ! Attendre la Journée de la Femme (le 8 mars, ndlr) pour parler du sort réservé aux dames ne suffit pas à faire de moi un fervent défenseur de leur cause. Ont-elles besoin de moi pour le faire ? Pas franchement, quand on voit comment elles s’organisent pour plaider. A la différence de l’Avocat, qui porte sa toge pour ester, certaines parmi elles tombent le T-shirt. La robe même. Révélant du même coup la faiblesse des hommes. Leur force à elles. Vous avez certainement à l’esprit ces belles Ukrainiennes qui se dénudent pour protester contre la Condition de la Femme. Vous n’avez pas oublié la jeune Tunisienne dévoilant ce qu’elle a de plus secret pour dire Basta à la situation de ses semblables ! Mais au fait, avez-vous mesuré les risques que ces actes leur font courir auprès des hommes, non ? Pourtant, si elles se révoltent, c’est à cause de notre comportement phallocrate. Femmes de tous les pays, vous subissez ! Femmes de tous les pays, unissez-vous. Avec les armes qui sont les vôtres. Je comprends. Je cautionne même. Car ça marche. On en parle, même sur Al Jazeera, qui invite la représentante des Femen, même si le faisceau s’évanouit au moment où elle s’apprête à dégainer son arme fatale. La peur change de camp. Elle est de l’autre côté désormais. Dommage. Car ce n’est pas toujours le cas. Le geste visant à sensibiliser les opinions se transforme en voyeurisme. Du côté des hommes. Quoique ! Par ces temps de mariage pour tous, je devrais être plus nuancé. C’est fait.
Ce qui reste à faire est plus lourd. Une lame de fond à enfoncer dans la chair culturelle de l’Homme. Comprendre que la femme n’est pas et ne doit pas être un gadget à sa solde. Difficile ? Facile ! Un rappel de sa “To do List” quotidienne vous fait comprendre qu’il s’agit en réalité du vrai Sexe fort : au service des bambins, dès la première heure ; courses domestiques et cuisine ; visite chez le toubib. La liste est interminable. A la hauteur de la résistance de la femme. Comme si cela ne suffisait pas, il faut s’atteler à la vie active, ce qu’elles souhaitent vivement d’ailleurs. Et là, l’injustice continue son grand bonhomme de chemin, sans jeu de mot. Les statistiques crachent sans cesse des réalités accablantes : à compétences et fonctions égales, la femme a droit à une rémunération inférieure de 25 % à celle de l’homme, voire davantage. Certes, certains groupes, y compris dans l’assurance, ont pris le taureau par les cornes (autre image virile et masculine, n’est-ce pas ?), amorçant une stratégie « paritaire » sans précédent, y compris dans l’assurance où April, par exemple, accorde à sa gent féminine une place de choix.

Beaucoup reste à faire. Des idées ? Télétravail généralisé pour celles qui le souhaitent, réunions de Comex à des horaires respectant la condition des com… pères féminins, etc., etc. J’oubliais : exit également les propos sexistes. Important pour la liberté et l’égalité. Sur ce dernier point, le changement risque d’être difficile. Il devrait démarrer au berceau. De là à commencer à coiffer les filles comme des garçons et à donner des poupées à ces derniers, il est un océan que je ne pourrais et encore moins voudrais franchir. Considérons les femmes pour ce qu’elles sont et gardons-les pour ce qu’elles ne sont pas. Tout un programme qui devrait refléter le degré de maturité réel des entreprises et des États. Quelle serait la place de la banque et de l’assurance dans l’économie de la parité homme-femme ? La France serait-elle une grande puissance ?

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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