Institutionnalisées par Trump aux USA, le concept de Fakenews s’est propagé dans le monde entier telle une traînée de poudre. Enflammant le web et les rédactions traditionnelles, le phénomène a longtemps mis à mal les producteurs de l’information pour lesquels il est devenu un véritable risque de crédibilité. Au point que l’on s’en méfie désormais, tels des Sioux, et la popularisation de ce prétendu phénomène, par Trump, de l’autre côté de l’Altlantique n’a pas facilité les choses, faut-il le reconnaître. Beaucoup on cru à un phénomène américain. Erreur !
C’était sans compter avec la vitesse d’innovation du Web, et surtout des réseaux sociaux, un champ d’application en proie aux faux de toutes les sauces et surtout au fakenews! Si Donald Trump en fait allusion, cela ne devrait pas mésestimer le prétendu rôle qu’auraient joué Facebook et autres dans son élection à la magistrature suprême américaine. Pour autant, si Cambridge Analytica et Facebook ne reconnaissent pas ouvertement avoir pesé sur le choix du Président US, le doute laissé par
l’arrivée au pouvoir de l’actuel Homme Fort de la Maison Blanche ne constitue pas une DeepFake ! C’est-à-dire cette technologie qui fait pour ainsi dire un tabac sur les réseaux sociaux et permet de remplacer, selon les cas et les objectifs recherchés, de modifier le visage et la voix d’une personnalité dans une vidéo afin de lui faire prononcer le discours de son choix. Nous voilà en plein coeur du faux dans sa splendeur que dénonçait avec sa causticité habituelle, Umberto Eco, dans son désormais célèbre ouvrage, “La guerre du faux”. Visionnaire, l’auteur du “Nom de la Rose”, avait dénoncé avec précision ce qui est désormais à l’œuvre dans notre
univers digital généralisé et porté emblématiquement par le Net !
Selon lui, à bien y observer, un dénominateur commun se dégage entre les musées californiens, les Brigades rouges et les Blue Jeans ? Aussi bizarre que cela puisse paraître, ils servent tous l’industrie du faux,les stratégies de l’illusion, de l’apparence absolue. Avec le flair sémiologique qu’on lui reconnaissait de son vivant, il met le doigt dans le vif du risque, désormais devenu réalité, ou mieux, l’hyper-réalité voire réalité augmentée comme l’on dit dans des milieux opérationnels avertis.

Le philosophe italien s’en est allé (une triste réalité, et je n’ai pas besoin de vous assurer, croyez-moi !), nous laissant un monde où Trump règne sans partage sur la vérification de la véracité de ses propos et les Fakenews, créant le trouble inédit dans le champ informationnel. Cette habitude des Fakenews semble désormais déborder son camp originel, la politique,tel Frankeinstein, pour embrasser tout le Web.Avec le risque qu’on connaît, celui d’une mondialisation rampante dans notre village planétaire : Risque de fausse monnaie, risque fausse pièces détachées pour des voitures faussement autonome. Merci, qui ? Suivez mon regard !

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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