A moment où Libra rencontre des problèmes dans son écosystème et au-delà, Lu Zurawski, responsable des paiements grand public chez ACI Worldwide prend la parole. Et tente d’éclairer notre lanterne sur différents sujets. 

 Quelles sont les conséquences du retrait des organisations de paiement pour Libra ? pour lui, il ne fait aucun doute que c’est un coup très grave. Les sociétés de paiement, qui ont une grande expérience sur les questions de réglementation, soulèvent des questions sur le chemin de Libra vers l’approbation politique. Le fait que les entreprises d’e-commerce tournent également le dos au projet pose d’autres problèmes en raison de la perte de l’effet de réseau. Cela signifie que moins de consommateurs en ligne seront orientés ou encouragés vers Libra.

Le projet peut-il survivre dans ces conditions ? Bien sûr, le projet va continuer. Mais la défection des leaders du paiement suggère qu’ils ont peut-être été dépassés par le cœur du projet. Je suis sûr qu’il y a des personnes brillantes et qualifiées au sein de Libra, mais perdre autant de gros soutiens suggère un niveau de gestion bancal. Il est toutefois possible que le noyau restant de Calibra s’en sorte mieux sans les déserteurs, dont certains auraient peut-être le plus à perdre si Libra devait devenir un instrument de paiement crédible.

Quant à la survie du projet face aux exigences aux exigences réglementaires en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme, notre interlocuteur « n’est pas pas sûr que l’anonymat, ou la technologie sous-jacente, crée le plus grand défi réglementaire pour Calibra. Les principaux obstacles semblent être de persuader les politiciens, les banquiers centraux, les organismes de surveillance de la concurrence et les organismes de réglementation des droits des consommateurs, de l’impact potentiel d’une nouvelle monnaie numérique. Ironiquement, ils ne sont pertinents que si Libra devait devenir omniprésente, ou du moins adoptée à grande échelle. »

Quid des possibilités que les banques centrales créent un système qui ferait le travail que Libra souhaitait faire ? Techniquement, il y a une chance que cela se produise. Et les banques centrales ont postulé sur les avantages de tels systèmes ces dernières années, ainsi que sur des taux d’intérêt bas et négatifs (car les avoirs en cash « numérique » pourraient être soumis à une forme de pénalité d’intérêt négative, contrairement aux liquidités réelles, que les consommateurs semblent accumuler aujourd’hui). Dans la pratique cependant, le cœur de métier des banques centrales n’est pas de « move fast and break things ».

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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