L’évaluation du risque pays par Euler Hermes prend désormais en compte les risques ESG : environnementaux, sociétaux et de gouvernance. Il revendique la place de premier assureur-crédit à le faire.

Les risques environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG) sont devenus un vrai sujet pour l’économie mondiale. Pour les entreprises et les investisseurs, la donne est claire : ces défis auront un impact sur la croissance, les parts de marché et la rentabilité. La corrélation entre les risques ESG et le risque d’impayés tend également à s’accroître avec le temps. Cette tendance est par exemple visible au travers d’évènements relatifs au climat qui engendrent une interruption des chaînes de valeur, ou encore avec une recrudescence des mouvements sociaux, source de tensions sur la trésorerie des entreprises. Le nouveau risque d’impayés pourrait également venir d’un accès plus difficile au crédit pour les entreprises dont l’emprunte carbone est la plus forte, et pour celles dont les actifs sont les plus exposés aux réglementations environnementales.

Dans ce contexte, Euler Hermes, le leader mondial de l’assurance-crédit, a décidé de renforcer son évaluation du risque pays en y ajoutant : (i) une batterie d’indicateurs liés à la soutenabilité environnementale (E) ; (ii) un nouveau prisme d’évaluation du risque politique via une analyse d’éléments captés sur les réseaux sociaux (S). Les risques de gouvernance (G) comme les cadres réglementaires et légaux ou le contrôle de la corruption ont déjà été ajoutés aux notes de risque de pays Euler Hermes en 2003. Ainsi, Euler Hermes devient le premier assureur-crédit à prendre en compte les risques ESG dans son analyse du risque pays.

Qu’est-ce qui change dans la méthodologie Euler Hermes ?

Les notes de risque pays Euler Hermes évaluent le risque de non-paiement d’une créance par une entreprise dans un pays en raison des conditions et évènements qu’elle ne maitrise pas. Elles sont composées de composants moyen-terme qui mesurent, pour un pays donné, les déséquilibres macroéconomiques, le risque politique et la structure du climat des affaires (SBE). Viennent s’ajouter à cela deux composants moyen-terme, l’indicateur de risque cyclique et l’indicateur de flux financiers, qui permettent aux analystes d’Euler Hermes de détecter le risque de récession et les crises de balances des paiements. Au total, les notes de risque pays d’Euler Hermes comprennent plus de 140 indicateurs et concernent 194 pays.

Désormais, l’analyse du climat des affaires (SBE), qui prend déjà en compte l’indice du climat des affaires de la Banque Mondiale et les indicateurs de contrôle de la corruption, sera complétée par 6 indicateurs qui mesureront la soutenabilité environnementale d’un pays :

Intensité énergétique du PIB

Part de l’énergie renouvelable produite dans le total de l’électricité produite

Emissions de CO2

Stress hydrique

Taux de recyclage

Densité de populations vulnérables aux chocs climatiques

 L’évaluation du risque politique évolue également, avec une dimension supplémentaire : l’analyse d’éléments en provenance des réseaux sociaux. Celle-ci est basée sur un algorithme de data science appliqué à de larges séries de données récoltées sur les médias sociaux. Cela permet à Euler Hermes de détecter le risque de mouvements sociaux, comme ce fut par exemple le cas dernièrement en Amérique Latine et au Moyen-Orient. Il est également important de noter que la méthodologie Euler Hermes, depuis le Printemps Arabe, comportait déjà des indicateurs mesurant les inégalités persistantes et l’immobilité sociale.

Selon Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes, « notre nouvelle méthodologie d’évaluation du risque pays vise à capter les potentiels impacts du changement climatique et du mécontentement social sur les entreprises. Ces dernières pourraient en effet prochainement faire face à des coûts de financement plus élevés, des interruptions de production et des chaînes de valeur disruptées. Les Petits États Insulaires en Développement, les pays dont le mix énergétique est fortement carboné, ou encore les pays où les risques d’inondations sont élevés sont sur la liste de surveillance concernant l’impact qu’ils pourraient avoir sur le commerce B2B.»

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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