La MNH dévoile son étude « Carnet de santé des Français et des personnels hospitaliers », en partenariat avec Odoxa. Il en ressort que la part de Français affectés par un problème de santé ces derniers mois est historiquement basse : 18%. En revanche, cette amélioration n’est pas du tout ressentie par les personnels hospitaliers qui ne ressentent guère de décrue de la charge (55% d’entre eux pensent que les problèmes de santé des Français ont eu tendance à augmenter ces derniers mois) et sont toujours nettement plus malades que leurs patients (29%, soit 11 points de plus que la population générale). En fait, plus généralement, cette étude juge le plan proposé par la ministre de la Santé : selon ce dernier, 64% des Français et 86% des personnels hospitaliers estiment que ce plan n’est pas suffisant.

En fait, les personnels hospitaliers sont toujours nettement plus insatisfaits au travail que leurs concitoyens : 1 sur 2 est insatisfait (48%) alors que les ¾ des Français (77%) sont satisfaits de leur travail. La crise des urgences n’est pas du tout éteinte pour les Français comme pour les personnels hospitaliers : les uns comme les autres considèrent toujours que la situation de ces services se dégradent et ils sont 9 sur 10 à soutenir la grève des urgences.

D’autre part, si l’opinion n’a guère évolué sur le sujet, c’est que le plan Buzyn n’a pas convaincu : 64% des Français et 86% des personnels hospitaliers estiment que ce plan n’est pas suffisant.

Cette étude est la 7ème du genre relevant baromètre « Carnet de santé des Français et des personnels de santé et hospitaliers ». Au-delà du volet barométrique classique portant sur les affections qu’ont eues les Français et les personnels soignants au cours des derniers mois, l’étude est consacrée à la thématique des services d’urgences à l’hôpital, touchés depuis plusieurs mois par des mouvements de grève.

A ce propos, l’étude rappelle que la crise des urgences n’est pas du tout éteinte pour les Français comme pour les personnels hospitaliers : les uns comme les autres considèrent toujours que la situation de ces services se dégradent et ils sont 9 sur 10 à soutenir la grève des urgences Près de 7 Français sur 10 (69%) et près de 9 personnels hospitaliers sur 10 (87%) ont le sentiment que ces dernières années les services d’urgences se détériorent. Les premiers concernés, les Français qui ont fréquenté récemment un service d’urgence tout comme les professionnels qui y travaillent sont une proportion équivalente à le penser (respectivement 62% et 90%). Ce sentiment que rien n’est fait pour remédier à cette situation conduit les Français et les personnels hospitaliers à être toujours aussi unanimes à soutenir la grève des urgences. En effet, depuis plusieurs mois, dans de nombreux services d’urgences, le personnel soignant s’est mis en grève, les syndicats réclamant des recrutements et une augmentation des salaires. Après les annonces d’Agnès Buzyn pour éteindre l’incendie, on compte encore 89% de Français (ils étaient 92% en juin) et 93% de personnels hospitaliers (96% en juin) pour soutenir le mouvement de grève. Ce mouvement reste le plus soutenu que nous ayons mesuré jusqu’à présent.

En conclusion,  le plan Buzyn n’a pas convaincu : 64% des Français et 86% des personnels hospitaliers estiment que ce plan n’est pas suffisant Pour répondre à la grève la ministre de la santé. Pour mémoire, Agnès Buzyn a dévoilé le 9 septembre dernier un plan en 12 mesures et un “budget dédié” aux urgences de 750 millions jusqu’en 2022. Ce plan ne semble pas avoir convaincu.

De fait, comme la rappelle Gaël Sliman, président d’Odoxa, « les Français sont 64% à estimer que le plan Buzyn n’est pas convaincant et les personnels hospitaliers sont encore plus sévères : 86% d’entre eux ne se disent pas convaincus ! A la décharge de la Ministre et du gouvernement, il y a peut-être une autre raison, plus fondamentale qui explique ce mauvais accueil : pour le moment résoudre le problème relève de la « mission impossible ». Pour y parvenir, il faudrait d’abord que les « mauvais comportements », conduisant à un embouteillage structurel des services d’urgence, soient modifiés. Dans notre sondage de septembre 27% des Français « avouent » toujours (ils étaient 29% en juin) s’être déjà rendus aux urgences pour une raison que l’on pourrait qualifier de non légitime (les urgences ne sont pas faites pour ça). Ils sont ainsi 18% à l’avoir déjà fait parce qu’ils n’arrivaient pas à obtenir de rendez-vous chez un médecin, 14% par pur confort parce que c’était plus pratique que d’aller chez un médecin et 7% pour ne pas avoir à avancer les frais. Ces comportements ont évidemment des conséquences lourdes : s’ils ne les avaient pas eus, cela aurait diminué d’un quart la fréquentation des urgences au cours de ces derniers mois. »

Méthodologie : Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet les 18 et 19 septembre 2019. Le panel est composé de 1 005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. D’autre part, 1 082 professionnels de santé hospitaliers ont alimenté l’enquête : il s’agit de 530 infirmiers/infirmières et 264 aides-soignants/aides-soignantes.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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