Nous sommes entrés de plain-pied dans l’univers de la data driven, concept qui illustre la place de la données dans notre vie quotidienne.  Dans cet environnement où la data est au cœur de la transformation digitale des entreprises, IDC a conduit pour Alteryx une enquête sur la donnée qui révèle que certaines sociétés appréhendent mal les enjeux liés à la maîtrise des données et à l’optimisation des processus d’analyse.

Intitulée « The State of Data Science and Analytics », cette enquête indique qu’à l’international, près de 54 millions de professionnels des données font face aux mêmes défis, à savoir la complexité, la diversité et la volumétrie des données au sein de leurs entreprises. Dans une économie orientée data, l’expression « professionnels des données » concerne bien plus que ces 54 millions de personnes. L’enquête met en lumière l’inefficacité ainsi que les pertes de temps, véritables freins à la transformation digitale.

Aujourd’hui, plus de 80 % des entreprises exploitent leurs données dans le cadre de nombreux projets. Néanmoins, s’il est acté que la data influe fortement l’innovation, l’étude révèle que les professionnels de la donnée perdent, chaque semaine, 44 % de leur temps dans des tâches annexes à leurs activités. Dans les faits, ils consacrent 40 % de leur temps à collecter et préparer les données plutôt qu’à les exploiter. Pour cela, ils utilisent en moyenne quatre à sept outils différents pour leur analyse, ajoutant de la complexité aux processus.

Autres enseignements de l’enquête, en moyenne, ces professionnels exploitent 6 sources de données, analysent près de 40 millions de lignes de données et obtiennent 7 résultats différents lors de leur parcours analytique ; leurs plus grandes frustrations sont révélatrices de leur inefficacité. Ainsi, plus de 30 % d’entre eux mettent en avant le fait de passer trop de temps à la préparation des données, une tâche qui peut pourtant être automatisée. 88 % de ces professionnels (soit près 47 millions de personnes) utilisent des tableurs pour leurs activités. Ces solutions, souvent utilisées comme substituts pour préparer et analyser les données, sont souvent sujettes aux erreurs et exposent l’entreprise à des problèmes de conformité et de fiabilité.

Comme le rappelle Stewart Bond, Director Data Integration Software d’IDC, « les données sont au cœur de la transformation digitale. Néanmoins, tant que les organisations n’auront pas optimisé leur efficacité, elles ne pourront pas mener à bien leurs initiatives de digitalisation », explique « Consolider des plateformes et chercher des outils faciles à utiliser pour les data scientists, analystes aux autres professionnels des données, permettraient de réduire les points de friction. »

L’étude démontre que l’inefficacité de ces professionnels est due à diverses raisons, parmi lesquelles le manque de collaboration, de compétences ou encore la résistance au changement. Selon les répondants, l’absence de créativité, le manque de compétences analytiques et statistiques en termes de préparation des données, sont les principales causes de cette improductivité. Pour surpasser ces problèmes, de nombreuses organisations embauchent des Chief Data Officer et/ou Chief Analytics Officer afin d’améliorer le processus d’analyse et construire une véritable culture de la donnée. Ces CDO ou CAO auront pour mission d’encourager et de favoriser la mise en place de cette culture de la donnée, qui passe notamment par un catalogage rigoureux, afin d’accélérer la transformation digitale.

Le dernier mot reviendra à Alan Jacobson, Chef et analyste des données (CDAO) chez Alteryx : « la collecte des données, seule, ne permet pas de digitaliser une entreprise. De la même manière, embaucher des spécialistes, tels que des data scientists, ou encore investir dans de nouvelles technologies ne constituent pas la solution ultime. En réalité, il faudrait permettre à tous les utilisateurs, dont beaucoup utilisent encore des feuilles de calcul, d’analyser les données dont ils disposent afin d’avoir un impact sur le business de leur entreprise. Les données devenant plus complexes, cette étude n’expose qu’une infime partie visible de l’iceberg. Et ce tant sur le nombre collaborateurs qui réalisent, au quotidien, des analyses, que sur le potentiel inexploité qui influerait sur la compétitivité de leur organisation. »

Méthode :

L’étude a été réalisée auprès de 800 personnes utilisant des données dans des zones géographiques, industries, tailles d’entreprises et départements différents.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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