EGAMO dévoile les résultats de son étude exclusive, conduite par Indefi, auprès de 23 émetteurs large et mid caps de la place financière de Paris, répartis sur une dizaine de secteurs d’activité, comme la construction, la distribution ou encore les utilities. Cinq experts (agences de notation, enseignants, chercheurs, etc…) ont également été sollicités pour étendre à l’échelle européenne la portée des messages de cette enquête.

Les enseignements forts s’en dégagent. Ainsi, les émetteurs apparaissent comme de plus en plus sollicités sur les thématiques ESG. Sur les 23 émetteurs interrogés, tous affirment être sollicités sur les thématiques ESG par les institutionnels français et nordiques principalement. Les interlocuteurs les plus actifs sont les agences de notation et les sociétés de gestion, avec respectivement 23 et 20 émetteurs affirmant avoir été sollicités par celles-ci sur ces thématiques. Les investisseurs institutionnels sont en revanche moins représentés, notamment auprès des entreprises de tailles moyennes.
Toutes les sociétés ont noté une augmentation du nombre de sollicitations sur les sujets ESG au cours des dernières années, et s’attendent à ce que cette tendance se confirme dans les années à venir. Les évolutions réglementaires ont dernièrement joué un rôle important dans l’émergence des demandes de prise en compte des critères ESG. Toutefois, les émetteurs soulignent avant tout le changement de mentalité des investisseurs qui s’intéressent davantage à la gestion du risque extra-financier, avec des demandes de plus en plus complexes nécessitant l’intervention de la Direction du Développement Durable et parfois des opérationnels.
D’autre part, les sollicitations restent bien perçues par les émetteurs. Même si l’augmentation des demandes ESG se traduit par une charge de travail plus importantes pour 11 sociétés sur 18, elles reconnaissent néanmoins que ces sollicitations permettent à la fois de mettre en lumière les départements RSE et Développement Durable de leur entreprise, mais aussi de légitimer leur action auprès de la Direction Générale et des autres collaborateurs de la société. Les émetteurs notent la vertu pédagogique des échanges qu’ils entretiennent avec les investisseurs, qui leur permettent d’aider à former les dirigeants sur la démarche RSE de l’entreprise. Les premiers expliquent que leur politique de RSE a principalement évolué pour répondre à des demandes réglementaires mais également pour faire face à une demande grandissante de la part de leurs clients, et du top management. Les sociétés estiment toutefois à ce jour que l’impact des sollicitations des investisseurs sur leur pratiques RSE reste limité.
En définitive, les engagements sont assymétriquement perçus. De ce point de vue l’étude montre que les investisseurs institutionnels estiment être très engagés dans leur démarche auprès des émetteurs. Néanmoins, la moitié des sociétés interrogées perçoit les sollicitations comme de simples discussions n’ayant pas vocation à faire évoluer leurs pratiques opérationnelles. Les investisseurs et les émetteurs n’ont pas la même perception de l’engagement. Les investisseurs s’engagent principalement sur les sujets de gouvernance et environnementaux. Les émetteurs sont particulièrement attentifs aux controverses, qu’ils traitent rapidement et efficacement. Les sujets abordés lors des démarches d’engagement varient selon les secteurs. On note néanmoins une prédominance des sujets liés à l’environnement, au climat et de gouvernance. Globalement, les émetteurs estiment que les demandes les plus marquées proviennent plutôt des autres parties prenantes : les clients et les ONG sont souvent à l’origine des évolutions des entreprises. « Les résultats de notre étude relativisent la portée de l’article 173. L’action des sociétés de gestion et des institutionnels sur les sujets ESG ne constitue pas l’élément déclencheur de la proactivité des entreprises sur les sujets extra-financiers. Il vient toutefois compléter l’action exercée par les ONG, les consommateurs et les salariés des entreprises pour les pousser à évoluer vers des pratiques plus vertueuses. A l’instar des réponses formulées par les émetteurs, Egamo est convaincu que tous les acteurs de la chaîne (émetteurs, institutionnels, sociétés de gestion) doivent faire plus en matière d’ESG. En ce qui concerne EGAMO, ces considérations sont intégrées au cœur de notre processus de gestion et constituent des critères de choix et d’exclusion des émetteurs au même titre que les critères financiers. L’ESG fait par ailleurs l’objet de reporting dédiés à l’attention de nos clients.» commente Nicolas Demont, Directeur Général d’Egamo.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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