Syntec Numérique et KPMG viennent de publier une étude sur les enjeux des ESN. Il s’agit d’un panorama inédit sur la vitalité et les perspectives des ESN en France. Come l’on pouvait s’en douter, les enseignements se veulent multiples et vont du financement à leur rayonnement international, en passant par leur stratégie dominée par l’innovation. Revue.

Tout au long de cette année 2018, l’étude souligne que les ESN financent majoritairement leur croissance organique : 85 % d’entre elles indiquent qu’il s’agit de leur principale priorité d’investissement. Les investissements en croissance externe arrivent en 2ème position, loin derrière (8 %) ; le développement international est quant à lui cité par 5 % d’entre elles. Si 84 % considèrent la croissance externe comme un accélérateur de développement, 16 % estiment qu’elle est trop risquée et consommatrice de ressources. C’est l’acquisition de talents qui est considérée comme l’objectif prioritaire sur leurs opérations de croissance externe (cité à 51 %).

D’autre part, elles souhaitent financer leurs investissements sur fonds propres et envisagent une IPO lorsqu’elles atteignent une taille critique. Elles sont 16 % dans ce cas en France. Quid par rapport à l’avenir ? Les ESN restent confiantes en matière leur croissance. Elles confirment avoir un niveau de confiance élevé dans l’avenir, en particulier pour les grands acteurs, qui opèrent sur tous les secteurs et sur tous les territoires. En moyenne, 43 % des ESN sont très confiantes vis-à-vis de leur croissance organique à trois ans, 56 % sont confiantes et seulement 1 % sont peu confiantes.

« Au cœur de la transformation digitale des entreprises, les ESN ont de beaux jours devant elles et affichent un haut degré de confiance en l’avenir. Pour les trois prochaines années en particulier, s’appuyant sur le digital, le cloud, le big data ou encore l’infogérance et la business intelligence, elles devraient profiter d’un marché en croissance et poursuivre leurs investissements en R&D. Seule ombre au tableau, le recrutement, toujours extrêmement tendu. » déclare Thierry Siouffi, Syntec Numérique, co-président du collège ESN.

Côté international les grands groupes semblent bien engagés et restent en réflexion pour les ETI et les PME, convaincues de son réservoir de croissance

En 2017, la part du CA réalisée à l’international est en progression de + 1,5 %. L’international est avant tout la priorité des grands groupes, qui confirment tous avoir une stratégie de croissance active vers l’international (100 %) ; une stratégie aussi active pour les ETI (77 %), conscientes de l’enjeu, mais moindre pour les PME (57 %) ou les TPE (53 %).

Les marchés les plus porteurs à l’international pour les ESN sont principalement l’Europe (17 %) et l’Amérique du Nord (11 %).

L’innovation au cœur de la stratégie : 60 % des ESN ont un responsable de l’innovation dédié. Sur les investissements de R&D, le cloud est le domaine privilégié par les grandes entreprises ; les ETI, PME et TPE investissent prioritairement dans l’intelligence artificielle. 60 % des répondants déclarent avoir un responsable de l’Innovation. Seuls 32 % ont un collaborateur dédié. 90 % des ESN ayant un responsable Innovation ont par ailleurs initié un projet innovant, contre 59 % pour les autres.

« Les ESN s’accordent toutes sur l’enjeu majeur de l’innovation et de son incarnation pour générer de la croissance au travers de projets concrets. Pourtant, les dirigeants reconnaissent encore eux-mêmes que leur niveau d’effort demeure insuffisant. Leurs projections sur les investissements en R&D, notamment sur le cloud, l’IA ou dans l’IoT, s’annoncent toutefois solides et structurées, avec une vraie feuille de route pensée sur le long terme. » conclut Jean-Pierre Valensi, Associé KPMG, Responsable Capital Markets.

Recruter 100 000 personnes sur les 3 ans à venir

Le marché du numérique est marqué depuis de nombreuses années par une pénurie de profils. Si les TPE et PME sont impactées par cette tendance, elles se démarquent grâce à une meilleure capacité à conserver les talents une fois recrutés. Dans une démarche d’améliorer le bien-être au travail comme critère différenciant, la grande majorité des ESN ont mis en place une politique Qualité de Vie au Travail (QVT). 64 % d’entre elles déclarent également avoir mis en place le télétravail ou recruté un Happiness manager.

 Méthodologie de l’étude

Ce panorama a été établi à partir des données collectées par Syntec Numérique et KPMG durant le 2ème trimestre 2018 auprès d’un échantillon représentatif de 248 ESN de toutes tailles, implantées en France ; sur la base d’un questionnaire couvrant 6 thèmes :  opérations financières ; croissance organique, stratégie de croissance externe ; rayonnement à l’international ; les talents ; l’innovation. Les réponses ont été analysées en fonction de la taille des entreprises telle que définie par la réglementation : GE, ETI, PME et TPE.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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