De mémoire de consommateur, une telle unanimité n’avait encore jamais été  constatée. En toute liberté, une bonne partie de notre cybermonde a décidé de mettre son destin entre les mains de Google et de ses alter ego auxquels j’ajouterai Samsung dont on ne parle presque jamais. Légendaire ? Suicidaire !

Données sensibles. A force d’utiliser les outils de Google, d’Amazon, de Facebook, d’Apple et de Samsung (GAFA…S), le monde entier fait de ces acteurs des opérateurs solides et incontournables. Grâce à nos données que nous leur livrons volontairement, ils sont assis sur des trésors de guerre qu’ils livrent souvent contre nous et nos entreprises. En fait, nous avons créé des monstres totalitaires. Qui se consolident dans le temps, grâce à notre alimentation. Google ? Il se sent tout puissant au point qu’il est désormais omniprésent. Grâce à son moteur de recherche, il a engrangé et continué de glaner données et informations qui le transforment. Est-il devenu UBU, ce modèle achevé des effets de l’ivresse du pouvoir sur l’homme ? A tout le moins, le don d’ubiquité, il l’a. Partout sur la Toile, on lui découvre des velléités d’omniprésence dans tous les secteurs d’activité. Qui pensez-vous être capable de prévoir efficacement l’épidémie de grippe ? Le Sniiram et sa base de données dont elle conserve jalousement l’accès au point de reléguer les complémentaires santé au rang de payeurs aveugles, eux qui supportent le plus gros des charges du tiers-payant optique ? Vous n’y êtes pas, car il s’agit bien de Google. Qui veut créer des comparateurs d’assurance et bancaires dans tout le monde entier ? Toujours notre géant, lequel semble pourtant, pour l’heure, avoir perdu une bataille symbolique à travers le flou de ses lunettes qui peinent à trouver application sur le terrain. Pareille déconvenue passe d’ailleurs inaperçue tant les innovations chez notre géant se télescopent, certaines pouvant même en cacher d’autres : Google Car, Google machin, et tout le toutim.

Que dire de ses concurrents et alter ego ? Ils sont dans la même logique. Dynamisés par nos données, ils sont également dans la veine du totalitarisme technologique. Apple ne se contente plus depuis longtemps de réaliser des ordinateurs, sa promesse historique. Au cas où vous ne l’aurez pas remarqué, il est devenu un géant de la téléphonie et a balayé, dans son passage, tel un ouragan, des noms historiques que la décence nous interdit de citer ici. Trop nostalgique. Paraît-il, il serait en train de nous concevoir une voiture électrique. BMW, Renault et les autres n’ont qu’à bien se tenir. Demain, ils devront certainement composer davantage avec ces géants, grands maîtres des objets connectés. Un exemple ? Samsung est en train de conduire des expérimentations avec BNP Paribas Cardif sur le terrain de la maison connectée. Je vous fais l’économie d’un commentaire sur Facebook, qui, en quelques années, a su/pu se mettre au niveau des magnats de pétrodollars, grâce à ses… « pétrodonnées ».

En fait, le consommateur est devenu faiseur de roi. Le hic est que ces seigneurs digitaux deviennent tellement puissants qu’ils embrassent la folie sans crier gare. Attention, je vous parle de folie créatrice.

Car ils sont tout, sauf des stratèges en herbe. Bardés de nos données, ils veulent contrôler le monde. Un seul soulagement à tout le moins, ce monde-là n’est plus exclusivement américain, avec l’entrée en scène de Samsung et quelques autres. A quand un géant français ? Commençons par attribuer à nos professionnels, un accès contrôlé à nos données, ce qui leur permettra d’avancer dans l’opérationnel. Car si la Cnil fait un travail louable, force est de constater que son œuvre freine parfois quelque entreprise française ; mais n’inquiète aucunement les données des GAFAS, alors même que nos entreprises en pâtissent. Ces géants sont tellement puissants qu’ils poursuivent leur marche en avant pour contrôler la planète. Pouvons-nous les arrêter en maîtrisant nos données ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire, dit la vox populi. Quant à moi, j’ai déjà démarré. Mon podomètre intégré dans mon Smartphone est en position off. Un dernier spasme de rejet du totalitarisme numérique ? Pourquoi pas ? Face à des géants, c’est déjà avoir droit au chapitre.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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