Dans quelques jours, les Européens vont renouveler leurs élus. Si les partis dits conventionnels redoutent l’abstention, les extrêmes de tous bords caressent le brun espoir de tout remettre à plat. Que va devenir la pression réglementaire de ces dernières années ?

Ces Européennes-là promettent de laisser un goût amer aux partis conventionnels. À tout le moins, en France. Tous les sondages tablent sur une belle correction des partis qui dirigent le Vieux continent depuis de multiples décennies.

Ces derniers ont pourtant sur le feu une batterie de projets inachevés mais très critiques pour la banque et l’assurance. Que vont- ils devenir ?

Solvabilité 2 est, désormais, une nouvelle fois, relancé. La directive Omnibus du mois de mars dernier à donné un nouveau coup de fouet à ce programme. Corollaire, les sociétés d’assurance sont remontées sur le pont longtemps avant le fameux mois gruyère. Les uns s’attaquent déjà au cœur du sujet, après avoir défini leur modèle économique. La mise en place de l’Orsa bat son plein, après une période d’un attentisme  justifié. 2016 devrait donc être la véritable échéance de ce chantier émaillé d’atermoiements démobilisateurs. Qu’elles soient compagnies, institutions de prévoyance ou alors mutuelles, toutes les sociétés d’assurance sont désormais  engagées dans la dernière ligne droite ou presque. Chacun adoptant les moyens qui justifieront la fin de son projet. Du côté de la Mutualité Française, l’on table sur une démarche commune et une solution technologique homogène. Véga, c’est son nom, entrera en production dans quelques semaines. Et permettra aux institutions concernées de plonger de plain pied dans l’univers de Solvabilité 2. La logique communautaire qui sous-tend ce chantier devrait avoir, au moins, une vertu : celle de limiter les risques de dérapages pour les mutuelles de taille modeste généralement perdues dans les méandres de cette réglementation.

D’autres projets sont dans les tuyaux. Et visent la même cible : La protection du consommateur. La nouvelle mouture de la Directive d’intermédiation en assurance ou DIA 2 participe de cette préoccupation ; tout comme Prip’s et autre Mifid 2. Le calendrier de beaucoup de ces programmes s’est accéléré ces temps derniers, le législateur européen ayant certainement pour préoccupation de les inscrire dans le marbre. En clair, pour éviter que tout éventuel changement de majorité ne les ébranle. Peut-on imaginer une seule seconde que les investissements consentis dans la mise en place de cet environnement protecteur soient mis au rebut ? L’environnement économique saurait-il se passer d’un tel assainissement au vu des risques potentiels et réels de dérapages auxquels sont désormais confrontés les investisseurs ? Inimaginable après les crises récentes qui ont ébranlé et la zone euro et le monde entier. Cela dit, une nouvelle majorité pourrait tout aussi bien conserver les programmes en place en les fléchant différemment. Dans un cas comme dans l’autre, une forte réglementation pourrait contribuer à l’assassinat de la normalisation. Car le ras-le bol est là, sous nos yeux, palpable. Il est d’autant plus étouffant que banques et assurances ont d’autres projets, opérationnels, cette fois-ci. Des projets pour le moins existentiels que sont l’adoption du digital et des Big data, en vu de se distinguer sur un marché en surchauffe concurrentielle.

Pour ceux d’entre nous qui croiraient encore que l ‘Europe est loin de nous, ces différents impacts éventuels de la réglementation sur nos entreprises devraient leur donner matière à réflexion. Car la ligne que prendra la nouvelle poussée réglementaire aura, in fine, un impact sur nos entreprises et donc sur les consommateurs que nous sommes. Nous avons donc tout intérêt à voter, quel que soit notre choix, afin de dire la démocratie, en clair, la société européenne que nous voulons, la gouvernance/transparence financière que nous appelons de nos vœux. De vous à moi, si notre choix est important, il ne bouleversera pas le processus décisionnel de la technostructure à l’œuvre à Bruxelles.

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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