On l’imaginait à peine il y a une décennie, la donnée allait devenir l’enjeu de ce siècle naissant pour les entreprises de l’assurance et de la finance. Ça y est, nous y sommes de plain-pied entré dans l’ère du data driven : l’empire où la donnée est reine. Les géants Américains, qui l’avaient compris depuis belle lurette ont déjà déployé leur arsenal pour cette guerre d’un genre nouveau. Les Français, qui ont toujours une vision singulière de la société ont peut-être eu du mal à définir leur message et à dire quelle stratégie ils vont adopter vis-à-vis de cet or numérique ! C’est désormais chose faite : Dans l’Hexagone, l’on ne badine pas avec cet or noir. Si cette fois-ci, nous en avons plein les banques, mutuelles et compagnies d’assurances, des idées de comment rationaliser ce gisement, nous n’en manquons pas. Et le débat fait long feu. S’il est boosté par la RGPD qui occupe les uns et les autres, il est en tous cas rythmé par la CNIL, instance de régulation de ce nouveau jeu qui sort de l’indifférence ou de la léthargie, les petites mutuelles : A la faveur d’une volonté à tout va des GAFA de surexploiter les données personnelles, la FDPM (Fédération Diversité et proximité mutualiste), en dernier des Mohicans, tel des chiens de garde, entendent veiller au grain et jouer les empêcheurs de tourner en rond. Qu’on soit certain, en cette veille de GDPR, les petites mutuelles entendent faire valoir la spécificité sur un terrain où les GAFA entonnent un rythme américain synonyme d’exploitation de la donnée à tout va. Conscient du fait que notre santé n’est pas un commerce, elles vont montrer comment elles exploitent la donnée personnelle dans le respect de la dignité humaine. En fait, elles placeront l’humain au cœur de cette exploitation des données, ce que la Cnil entend par Privacy by design, « respect de la vie privée dès la conception de l’outil », rappelle Christophe Boissonnade, directeur général de la FDPM, chargé de la conduite du projet en la matière.

En préalable, Jean-Louis Span, Président de cette institution rappelait « que le défi des petites mutuelles est de s’approprier les nouvelles technologies tout en résistant à la nouvelle concurrence des géants d’Internet qui se positionnent déjà sur le secteur de la complémentaire santé. Comment utiliser ces technologies dans un but de progrès scientifique et médical sans nous déposséder de notre humanité ? », s’interroge-t-il. En fait, il résume en une interrogation et le travail de sape des GAFA, et la mission de la Cnil et la philosophie que doit adopter la voix mutualiste.

On le voit, dans cette innovation ambiante soutenue et portée par les Fintech, les GAFA ne doivent pas s’en servir telle une bombe à neutrons pour n’éliminer que l’humain. La stratégie de la FDPM vise à se différencier sur le rapport humain à la donnée et à l’arrivée, humaniser l’interaction homme/machine. On pourra alors guérir tout le monde, but premier de la FDPM sans le dépouiller de la donnée et donc de sa vie privée. Oui, c’est possible d’innover sans violer la donnée. Sans céder au désir commercial !

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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