On les croyait disparues, ces fameuses dettes souveraines. Elles sont toujours là, rétives, même si l’actualité braque désormais ses phares sur un autre sujet : les présidentielles. Le grand vainqueur de ces épreuves saura-t-il trouver une issue à cette crise qui en cache d’autres plus sournoises parmi lesquelles celle du vieillissement ? Allez savoir.

C’est reparti. Pour un tour au moins. Pas le second des présidentielles 2012, mais celui du yoyo sur les marchés financiers. Les places européennes dévissent à nouveau. Et certains Etats peinent à emprunter à des taux raisonnables. Tout cela nous rappelle simplement que la crise des dettes souveraines est loin d’être terminée. Et pourtant, les débats sur les présidentielles se recentrent sur autre chose : l’immigration, l’insécurité. Quelque importants soient-ils, ces sujets peuvent-ils tutoyer le thème des dettes européennes ? L’interrogation est certainement plus intéressante que la réponse. Du fait de la réflexion qu’elle suppose. Quoi qu’il en soit, le nouveau président élu devra s’atteler à ces chantiers, en commençant par la crise de l’euro et des dettes, s’il veut se faire entendre. Ne l’oublions pas, « la beauté du Fuji est sans beauté pour l’homme affamé ». Et … ventre affamé n’a point d’oreilles et peut s’empresser de voter pour toutes les thèses, surtout extrémistes.

Parallèlement à la gestion de l’alimentaire et du structurel, le nouvel hôte de l’Elysée trouvera en guise de cadeau de bienvenue un dossier brûlant et âgé, comme la plupart des personnes qu’il concerne : la dépendance. Au moment où le nombre de nos aînés confrontés à cette problématique ne cesse de monter en puissance, aucune politique publique en la matière n’est définie. En 2011, l’équipe sortante avait mobilisé l’ensemble de la chaîne de la dépendance pendant plusieurs mois. A l’arrivée, la montagne a accouché d’une souris. Rien à voir avec le Mont Fuji, je vous assure, au cas vous auriez l’esprit d’association et/ou de suite. Plus sérieusement, les corps capitalisés ont fini par rester le bec dans l’eau. « Le résultat de cette gesticulation a le mérite de démobiliser tous les bénévoles qui ont cru à cette réforme avortée », pestait encore un aidant, il y a peu. Que dire des assureurs dans cette attente sans suite ? Quelques-uns poursuivent leur stratégie d’innovation et de réaménagement de leurs contrats afin de mieux prendre en compte ce risque galopant. Cela suffira-t-il à résoudre le problème ?

Selon le FMI, le risque de longévité menace l’équilibre des finances publiques. Une étude que cet organisme a publiée le 11 mars dernier centre toutefois son analyse sur le terrain budgétaire : le coût du vieillissement devrait augmenter de 50 % en 2050, si la durée de vie moyenne se rallongeait de trois ans, prévoit-il. De nombreuses questions collatérales sont pourtant à traiter : le rôle et le soutien des aidants, par exemple. Voter des budgets peut contribuer à soulager ces bénévoles mais ne réglera pas leurs soucis psychologiques.

On le voit, la crise des dettes est toujours là mais en cache au moins une autre : celle du vieillissement, avec son cortège de problèmes ondoyants et divers. L’une pourra être résolue à coup d’euros, l’autre pas totalement. Pensons-y, pour des raisons que nous savons tous.

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

 

Des dettes souveraines à la crise du vieillissement

La rédaction
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