Une enquête d’Accenture montre que ces deux thèmes tirent la demande et l’investissement en termes de gestion de risques pour les deux ans à venir.

L’étude a été conduite auprès de 450 responsables de la gestion de risques dans les secteurs de la banque, des marchés de capitaux et de l’assurance. 86 % des répondants indiquent que leurs entreprises envisagent d’augmenter leurs investissements dans la gestion des risques d’ici à deux ans ;  26 % tablent sur l’augmentation de ces investissements à concurrence de plus de 20 %. 29 % ont l’intention d’accroître de plus de 20 % leurs investissements dans les solutions Cloud/Software-as-a-Service (SaaS), les Big data et l’analyse des données.

Cette enquête met clairement en évidence l’impact croissant de la cyber-sécurité et de la cyber-fraude sur l’activité et sa prise en compte dans la fonction Risque des sociétés de services financiers. Ainsi, 65 % des entreprises interrogées disent que le cyber-risque ou risque informatique aura une incidence croissante sur leur activité au cours des deux prochaines années, voire une forte incidence dans 26 % des cas. Et selon 82 %, les directeurs des risques consacrent plus de temps que jamais aux risques émergents, comme la cyber-sécurité et les réseaux sociaux.

Selon Eric Jeanne, directeur en charge de l’activité Finance & Risque pour l’Assurance chez Accenture, « les forces du marché, les progrès technologiques et la demande des clients incitent les institutions financières à se convertir au numérique, ce qui implique pour les professionnels de la gestion des risques de disposer d’un éventail plus vaste de compétences, Dans un contexte de demande croissante pour ces profils, les sociétés de services financiers consacrent des efforts importants au recrutement et à la fidélisation de personnel hautement qualifié : analystes métier, experts en cyber-risques, spécialistes de la sécurité et experts anti-fraude. Pour répondre à ces besoins, la plupart des entreprises font appel à des renforts externes. Le recrutement de ces talents suscite une concurrence de plus en plus vive. »

Par ailleurs, l’enquête montre que cet accroissement de la demande en ressources humaines de ces dernières années au sein des services financiers reste soutenu. 41 % des entreprises estiment posséder des compétences étendues en matière de technologies numériques. 10 % seulement affirment que leur fonction Risque dispose de ressources nécessaires dans les domaines critiques comme les risques émergents.  Beaucoup indiquent que le recrutement au cours des deux dernières années a ciblé les experts en cyber-risques (48 %), les experts anti-fraude (36 %), et 36 % d’entre elles disent avoir embauché d’anciens hackers.

Autre enseignement, 43 % se disent prêtes à prendre davantage de risques qu’il y a deux ans pour le développement de nouveaux produits, et 36 % sont prêtes à lancer de grandes initiatives numériques. 73 % considèrent la gestion des risques numériques émergents, tout comme la rapidité, la diversité et le volume croissants de données, comme facteurs de mise à mal de leur activité. 9 % affirment que les décideurs à travers l’entreprise ont régulièrement accès à des données cohérentes et actualisées.

Par ailleurs, 36 % des entreprises des marchés de capitaux et 29 % de celles du secteur bancaire indiquent aller au-delà des obligations élémentaires lors de la mise en conformité avec la réglementation, notamment pour se mettre au diapason des programmes de transformation existants. Dans les structures qui s’attachent à dépasser les seules exigences réglementaires, l’on observe pourtant une bien meilleure coordination entre la fonction Risque et les autres fonctions de l’entreprise sur ces questions de conformité.

Pour autant, selon l’enquête, 83 % des entreprises sont convaincues que la gestion du risque a contribué à leur croissance et sur le long terme, et 73 % affirment que le principal défi en termes d’efficacité consiste encore à obtenir la confiance des interlocuteurs opérationnels.

Selon Lamyae Belhadri, en charge des activités Finance & Risque pour la Banque et Marchés de Capitaux d’Accenture, « les directeurs des risques peuvent aider leurs entreprises à s’imposer comme leaders du numérique en capitalisant sur les connaissances tirées de l’extraordinaire richesse des données à leur disposition. Si bon nombre d’entre eux estiment que la multiplication des données représente un véritable défi, les équipes de la fonction risque parviendront à dégager de la disponibilité en automatisant la collecte et l’analyse des données afin de se concentrer sur les activités de gestion plus stratégiques. L’amélioration des données est un impératif réglementaire, mais elle peut également aider les Directeurs des risques à conseiller ses interlocuteurs sur la façon d’appréhender et de délivrer leurs clés en termes de performance et de rentabilité ajustées aux risques.»

Cyber-risques et cyber-attaques 

Méthodologie

Cette étude 2015 à caractère mondial d’Accenture sur la gestion du risque est la quatrième édition du genre, la première ayant été publiée en 2009. Dans ce cadre, une enquête quantitative a été menée en ligne auprès de 470 directeurs des risques impliqués dans le processus de décision en matière de gestion du risque entre les mois de novembre 2014 et de janvier 2015. Les entreprises interrogées interviennent dans la banque, les marchés de capitaux et l’assurance. Elles étaient présentes en Asie-Pacifique (150 personnes interrogées), en Europe (170) et en Amérique du Nord (150). Les résultats ont été étayés par des entretiens approfondis avec des dirigeants issus de 50 grandes entreprises au sein de ces trois

zones géographiques.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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