Crise des dettes souveraines, doutes existentiels en Zone Euro et hausses annoncées de multiples prélèvements obligatoires. La coupe est pleine pour le consommateur qui ne sait plus à quelle poche se vouer pour manger ou à quelle mutuelle souscrire pour ne pas se ruiner. Des stratégies s’imposent, ici et là. Selon qu’il s’agisse d’assuré ou de porteur de risques. Les deux ont pourtant un intérêt commun. Passer la crise sans trop y laisser de plumes.

Les enquêtes d’opinions se multiplient. Et apportent leur lot d’enseignements. L’un des plus dramatiques est l’arbitrage entre manger et se soigner. Comme si un tel choix avait un sens en 2013. Dans la cinquième puissance mondiale. Qui de surcroît aurait le meilleur système de santé au monde. Des ébauches de solutions sont proposées. Face au lancement de la Tsca l’an dernier, beaucoup d’assureurs complémentaires avaient décidé de répercuter cette poussée fiscale sur les tarifs de leurs assurés. Flairant la bonne fibre (marketing ?), GMF, qui cherchait sa voix sur un terrain où il intervient en Outsider, celui de l’assurance santé, avait décidé de rendre neutre ce changement fiscal sur ses tarifs. L’histoire ne nous dira pas exactement si cette stratégie s’est avérée porteuse. Quoi qu’il en soit, elle a permis à cette filiale du groupe Covéa de se distinguer comme protecteur du pouvoir d’achat des assurés.

Comme pour lui disputer une telle appellation, l’assureur militant à décidé de frapper fort sur son marché historique : celui de l’auto. Pour l’année 2014, aucune hausse tarifaire ne sera appliquée aux sociétaires. “Pour lutter contre le pouvoir d’achat”, soutient son Top management. Et, surtout, démontrer que la Loi Hamon sur la consommation n’est pas la solution la meilleure pour lutter contre les flambées tarifaires. On le sait, cette réglementation prévoit dans ses dispositions la possibilité pour l’assuré de résilier son contrat à tout moment, permettant ainsi à la concurrence de servir de juge de Paix, ou plutôt, d’arbitre. Au-delà du gel des tarifs, Maif milite en fait pour une autre approche de la maîtrise tarifaire. Le débat est donc ouvert. En décidant de geler les tarifs tout au long d’une année de vaches presque grasses, l’Assureur militant montre certes le bon exemple. Pour autant, pourra-t-il tenir un tel engagement sur le long terme ou tout simplement en cas de dégradation de ses résultats techniques ? Rien ne le prouve à ce jour. De ce point de vue, sa décision emprunte davantage au  conjoncturel qu’au structurel. Ce qui n’enlève rien à son économie générale, bien au contraire. Quant à la loi Hamon, qui va largement au-delà de l’assouplissement des conditions de résiliation d’un contrat auto, elle met le doigt sur une particularité très française et propose une solution qui vise à protéger le consommateur. Noble visée pour le client roi. Un roi sans couronne qui, pour changer, pourra prendre en compte son degré d'(in)satisfaction comme motif. De ce point de vue, il restera libre de ses choix. En fait, à vie. En fait, à bien y regarder, loi Hamon et gel tarifaire du groupe Maif en 2014 sur le segment auto participent d’un même défi : comment contribuer à la maîtrise tarifaire. Pour autant, les deux approches diffèrent. Symboliquement.

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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