C’est donc parti. Dès lundi, 30 novembre, la COP 21 se tiendra à Paris, ville endeuillée, ville malmenée, mais ville débout et prête à accueillir les plus grands de ce monde. Leur mission : tenter de trouver un compromis pour limiter le réchauffement climatique. Et nous, citoyens du monde, que faisons-nous pour contribuer, à notre niveau, à l’assainissement de notre planète souffrante ?

Ballet incessant de limousines. Ils seront tous là, « même Georgio le files maudit ». La mine sombre à l’instar de leurs costumes et de la couleur de notre monde. Un monde à la dérive. Beaucoup de ces grands diront leur volonté d’en finir avec le réchauffement climatique, d’autres demanderont un temps de répit ; d’autre encore ne diront rien du tout. Dans un Paris pas très en forme, ils débattront sur notre avenir climatique. Puis fermeront le journal. Et passeront à autre sujet. Vous attendiez-vous à une décision concrète et définitive ? Ce sera pour votre compte. De belles intentions, vous en aurez.  Pour de belles réalisations, revenez plus tard. Et pendant ce temps, les catastrophes climatiques se poursuivront. Progressivement, nos enfants nous remplaceront, héritant d’un monde toujours plus violent et plus réchauffé. Certes, les plus optimistes vous le diront, « COP 21 est un petit pas à Paris mais un grand pas pour l’Humanité. » A vous de croire. Quant à moi, je n’ai plus l’âge de ces intentions qui nous endorment dans un monde où le bruit assourdissant de notre silence nous rend complices. Complices de du sort des 200 filles enlevées par Boko Haram, apparemment violées et certainement traumatisées par des renégats de grand chemin devant nos cameras. Où en sont-elles aujourd’hui ces enfants ? Les plus grands de ce monde nous avaient promis de les libérer. Des mois après, les drones américains se trompent encore et tuent de nombreux civils, en lieu et place de ces bandits. Complices également, nous le sommes, quand nous refusons de descendre dans la rue pour clamer notre légitimité, nous innocents citoyens, de vivre dans  la sûreté et la sécurité. Les vœux des géants politiques nous sauveront-ils de cette barbarie sans nom qui nous guette désormais à chaque coin de métro, de rue, de train, de voiture comme d’avion ? Je ne le crois pas. La mise doit se jouer ailleurs. Du côté des citoyens.

De même que confier notre sécurité à nos seuls géants politiques constitue une véritable aberration, mettre l’avenir climatique de notre planète entre les mains de ces géants aux pieds d’argiles constitue une grande irresponsabilité. Nous devons entrer en scène, chacun à son niveau, sans limousine ni costume de circonstance. Certes être vigilant ne suffit pas, mais cela peut nous permettre d’éviter quelque éclat. De même, chaque petit pas que nous opérons en écologie constitue un grand mouvement vers la maîtrise du réchauffement climatique. Au sein de l’entreprise, le green digital ou Green IT, si vous préférez, nous rappelle qu’il faut certes produire, mais également trier, recycler. Ai-je réellement besoin d’imprimer l’email que j’ai reçu ? Dois-je laisser mon ordinateur allumé durant la pause déjeuner ? Suis-je capable de laisser mon véhicule dans un garage contre l’auto-partage ? Que fais-je de la chaleur rejetée par mon parc d’ordinateurs ? La réutiliser pour chauffer des salles, peut être très « vert ».

Alors, si COP 21 est intéressant pour la beauté du geste, damons-lui le pion en prenant des mesures pragmatiques et responsables. En fait, montrons le bon exemple à nos dirigeants, une foule de présidents qui ne sait point faire foule là où nous avons déjà prouvé notre résilience en tant que citoyens. COP 21, je ne te souhaite pas la bienvenue à Paris. Car rien que les vols de tes hôtes d’honneur et leur limousines vont encore contribuer durablement à la dégradation de notre bilan carbone.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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