En maîtrisant tardivement la technologie Internet, les porteurs de risques ont certes perdu la bataille des premières heures ; mais ils restent en selle pour la nouvelle guerre technologique que leur imposent les enjeux métiers auxquels ils sont confrontés. Le tempo adopté par les uns et les autres est- il le bon ?

Quand le e-commerce faisait ses premiers grands pas dans la grande distribution et l’industrie, il suscitait doutes et appréhensions dans l’assurance et, dans une moindre mesure, dans les banques. L’erreur principale des uns avait été de considérer qu’ils pouvaient purement et simplement court-circuiter les réseaux de distribution en mettant en place des sites Web de souscription en ligne et/ou des Extranets à tout faire. A l’épreuve du terrain, cette velléité s’est avérée être une grave erreur d’approche. Du coup, chat échaudé craignant l’eau chaude, les félins de l’assurance ont longtemps campé sur leurs positions. Un coup de bricolage par-ci, une grande refonte surprise par-là. Point de chantiers structurels de type refonte client/serveur. Certes, les back-offices ont été renforcés avec l’arrivée des architectures zOS et iSeries, les front-offices en environnement alphanumérique abandonnés ; les middle-offices urbanisés, mais les (r)évolutions observées dans d’autres métiers y sont absentes. Il aura fallu attendre la fin de la longue maturation des composants Internet pour voir à nouveau les assureurs prendre en masse la voie de l’innovation. Surtout, sur le terrain du front-office, où ils multiplient le lancement de nouvelles applications de M-Assurance en capitalisant sur le Web mobile. Ils gagnent en rayonnement et peuvent multiplier la fréquence de contacts avec le client, la cible étant de faire au moins autant que les banques. Des efforts encore à consentir pour y arriver. En fait, beaucoup reste à faire. Le plus important.

Les assureurs pourront-ils encore longtemps supporter les coûts de gestion des back-offices souvent rafistolés ? Ont-ils le droit d’ignorer  les atouts de nouveaux modèles économiques de type Cloud computing ? A l’heure de la rationalisation à tout va et de la flambée des tarifs sur le marché du particulier pour les clients en portefeuille, aucun porteur de risques ne saurait faire l’économie de pistes nouvelles, sources de création de valeur qui aurait un impact sur les équilibres techniques et les tarifs des assurés. C’est le cas du Cloud Computing. Certes les risques liés à l’externalisation sont là. Mais, qui mieux qu’un assureur peut cerner l’approche par les risques ? Tant que le potentiel de gain est plausible, laisser filer  une telle opportunité relèverait de la faute. Ce d’autant que les garanties de bonne qualité de service ou Service Level Agreement (SLA) existent. Certains commencent à le comprendre, à l’instar de la Smatis, qui a amorcé le transfert de ses applications dans le nuage informatique, y compris critiques ! Si cette dynamique se généralisait, elle serait à l’origine d’un nouveau paysage de l’informatique dans l’assurance émaillé de briques alignées en permanence sur l’état de l’art technologique, des équipes informatiques au fait de toutes les innovations. Certes, leurs métiers subiraient des changements importants car l’on ne gère pas une informatique On Premise comme son pendant dans le nuage. S’adapter. Voilà le maître mot de cette transformation qui garantirait aux assurés des tarifs acceptables, du fait des coûts informatiques maîtrisés.

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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