Certes il y a là volonté de maîtriser le digital pour se développer et être sûr de faire toujours partie des acteurs de la finance de demain.  Mais cet engouement pour le digital qui pérennise serait-il ce qu’il est sans l’épée de Damoclès qu’est Google sur la tête des banques et des assurances ?

Il y a peu, le plus puissant moteur de recherche mondial faisait une irruption improbable sur le marché de l’assurance française ;  et mettait en émoi tout le landerneau, confirmant l’une des peurs dans laquelle vivent les assureurs et bancassureurs français : voir Google mettre les pieds sur leur marché et ramasser toute la mise ! Quelques mois plus tard, le géant américain repartait comme il est arrivé : sur la pointe des pieds. Échec ? Essai ! A transformer !

Derrière les poteaux de l’en-but, les assureurs ont certes tremblé, mais ils ont surtout  décidé de se battre.  Quitte à perdre, que ce soit l’arme au poing. Par panache ?  Par intérêt. Face à ce que nous appellerons ici le syndrome Google qui se manifeste par une peur bleue des éventuelles initiatives du géant américain sur leur chasse gardée, ils ont décidé de monter au créneau. Ils explorent de nouvelles pistes sur l’assurance de demain. Face à cette illustre inconnue, mieux vaut se préparer.

Beaucoup invitent de jeunes pousses à réfléchir ensemble avec eux. L’occasion de les accélérer. Et de découvrir leur modèle de fonctionnement, de conduite de projets. L’exemple de Maif qui a fait une entrée fracassante dans le capital de Numa en dit long sur les visées du secteur. De l’aveu même de Pascal Demurger,  directeur de cette mutuelle niortaise, militer pour le digital avec ces start-up a  quelque chose de constructif. Décidément,  il est lointain le temps du regard hautain sur ces jeunes entrepreneurs qui, faut-il le reconnaître, n’avaient alors pour légitimité que leurs idées parfois farfelues mais inédites. Si la cravate reste rangée dans le placard, le sérieux est de mise. Du coup, elles gagnent en lettres de noblesse et éclairent la lanterne des assureurs et des banques. A l’instar de l’assureur militant, les autres porteurs de risques l’ont compris, et se laissent accélérer par ces jeunes pousses. En fait, l’interaction entre les uns et les autres, sur fond de syndrome Google, crée une double accélération de la profession et des start-up. Dire merci à ce moteur de recherche qui fouine dans tous les secteurs auxquels il entend imposer  de nouveaux modèles business ne serait pas de trop. Car de mémoire  d’accélérateur,  on n’en a jamais vu qui boostent  autant de secteurs d’activité : l’automobile, la banque,  l’assurance, la santé, etc. Avec pour armes la peur et la menace potentielle, le géant américain est devenu le plus grand incubateur du monde. Sur fond d’ubérisation de son modèle.

Y aurait-il donc du bon dans le modèle totalitariste que véhicule Google ? Sans conteste, celui d’exhorter les uns et les autres à devenir proactifs. Les assurances et les banques ne sauraient s’en plaindre tant elles vont désormais vers un modèle d’entreprise agile qui rompt avec leur ronron de l’avant syndrome Google. Rien que pour cela, le mastodonte américain pourrait se sentir la légitimité de demander une exonération d’impôts au gendarme européen. Cela tombe bien, il ne paie pas (encore ?) assez, paraît-il, grand-chose.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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